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Tribune

Jean-Michel Arnaud

Jean-Michel Arnaud

Président du groupe Domaines Publics - Directeur des Publications de l'Abécédaire des Institutions

Docteur en gestion, titulaire d’un MBA de l’Université d’Ottawa et diplômé de l’ESLSCA, Jean-Michel débute sa carrière à la DREE dans l’expansion économique puis par la création d’entreprises d’import-export de biens industriels aux Etats-Unis. Il...

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Déclin des cœurs de ville, lever de rideau

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De plus en plus de centres-villes se retrouvent laissés à l’abandon. Le symbole le plus criant de ce déclin, qui touche de nombreuses communes, est l’augmentation de la fermeture des locaux commerciaux.

Depuis 2010, selon une récente analyse de l’Institut pour la ville et le commerce, la vacance commerciale s’est accrue d’un point par an pour atteindre, en 2016, 11,3 % en moyenne au cœur des villes de plus de 25 000 habitants. L’une des principales causes de ces fermetures est le développement de l’e-commerce et la concurrence déloyale qu’il représente. Cette désertion des commerces va également de pair avec des taux de chômage et d’inoccupation des logements élevés, ainsi qu’une proportion de pauvreté préoccupante, ce qui, au bout du compte, conduit à une perte de population.

Plus généralement, la dévitalisation des centres-villes résulte de causes multifactorielles. À l’évidence, le phénomène de périurbanisation résidentielle et commerciale en est l’une des principales. À cela s’ajoutent les effets pervers de la politique du logement social, ceux de la piétonnisation à outrance et les tarifs souvent rédhibitoires du stationnement. Certaines décisions politiques ont aggravé la situation. La révision générale des politiques publiques (RGPP) a ainsi contribué à fragiliser certains territoires déjà en difficulté. La fermeture d’un tribunal ou d’un hôpital, c’est autant de population qui disparaît et d’attrait en moins pour une ville.

Bien sûr, les commerces eux-mêmes doivent se réinventer, mais les autorités locales et l’État doivent prendre leurs responsabilités. Il leur incombe de rénover l’habitat et d’améliorer l’offre de transports, de stationnement et l’accessibilité. On peut citer, par ailleurs, de multiples initiatives locales : recrutement de managers de centre-ville, taxation des locaux commerciaux et immeubles vides, lancement d’appels à projets pour les locaux vacants, etc.

L’État, de son côté, doit tout faire pour encourager ces initiatives en offrant aux collectivités les moyens adéquats. Les récentes tensions entre les collectivités territoriales et le pouvoir central ne doivent pas occulter la responsabilité de chacun. Sauver les centres-villes n’est pas qu’une affaire locale : il y va de la bonne santé économique du pays, bien sûr, mais aussi de la sauvegarde de son histoire et de son patrimoine culturel.

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