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Ajournement des négociations sur un allègement de la dette grecque

Les dix-neuf ministres des finances de la zone euro et le FMI, deux principaux créanciers d’Athènes ne sont pas parvenus à un accord sur les modalités d’un allègement de la dette grecque. Le débat a été relayé à une prochaine réunion qui se tiendra au mois de juin.

Malgré huit heures de discussions, les créanciers de la Grèce ne sont pas parvenus à s'entendre lundi à Bruxelles sur un allègement de sa dette et le déblocage de nouveaux prêts. "Nous n'avons pas dégagé d'accord global", a reconnu tard lundi soir Jeroen Dijsselbloem, le président néerlandais de l'Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances des 19 pays ayant adopté la monnaie unique. Cela suppose donc des avancés ponctuelles, ce qui est perçu comme un signal positif pour le second round de négociations prévu le 15 juin prochain.

M. Dijsselbloem dit en effet les parties désormais très près d'un accord sur les conditions d'un allègement de l’énorme dette publique grecque (179 % du PIB du pays). Un avis partagé par le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici : "Nous avons abordé la question avec un degré de détail absolument sans précédent" A noter que cet allégement a été posé comme condition sine qua non par le Fonds monétaire international (FMI) pour participer financièrement au troisième plan d'aide à la Grèce.

La pression s’accentue sur l’Allemagne, le pays le plus réticent à une réduction trop significative. Pour Berlin, chancre de l’austérité, il faut suivre une ligne budgétaire dure et exiger plus de réformes structurelles. De fait, le pays dispose d'une marge de manœuvre politique réduite à quatre mois des élections législatives. Le Ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble ne veut pas accorder ce qui pourrait être perçu comme un cadeau à Athènes si près d’une échéance électorale majeure fans un pays où l’opinion publique est encore très défavorable à un allègement.

Athènes, pour sa part, doit rembourser en juillet sept milliards d'euros d'anciens emprunts – des fonds dont le pays ne dispose pas. Aussi, le pays dépend du versement d’une nouvelle tranche d’aide – qui lui-même dépend de cet accord. Cependant, de nouvelles mesures d'austérité serait particulièrement malvenue dans un pays dont le gouvernement a montré patte blanche dernièrement. Et ce d’autant que la dernière salve, adoptées dans la douleur le 18 mai dernier, malgré des grèves et des manifestations, a laissé un goût amer aux grecs.

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