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LE GRAND DÉTOURNEMENT

«Art x smart»: des smartphones dans des tableaux de maîtres

Si Vermeer vivait à notre époque, il aurait sans doute peint « La jeune fille à l’iPhone », plutôt « qu’à la perle »... Un graphiste sud-coréen s’est ainsi amusé à détourner les plus grandes toiles de maîtres en y intégrant des objets technologiques qui font désormais partie de notre quotidien.

"La jeune fille à la perle et à l’iPhone", d’après "La jeune fille à la perle" de Johannes Vermeer, 1665 © Kim Dong-Kyu, 5 novembre 2013 / Art x smart

Immortaliser son repas et partager la photo sur Instagram, faire un "selfie" – ce procédé à la mode qui consiste à réaliser une photo de soi-même à bout de bras avec son smartphone –, écouter son lecteur mp3 en solo, crier au désespoir lorsque l’on fait tomber sa tablette tactile par terre...

Retour vers le futur

Autant de situations dans lesquelles vous vous êtes au moins retrouvé une fois. Et si les plus grands peintres de ces derniers siècles avaient connu, eux-aussi, ces bijoux technologiques ? C’est l’idée farfelue exploitée par un graphiste sud-coréen, Kim Dong-Kyu, dans son projet artistique baptisé "Art x smart".

L’artiste a ainsi décidé d’insérer, dans une dizaine d’oeuvres d’art de Manet, Chagall, Vélasquez, Picasso ou Hopper, des produits technologiques tels qu’on peut les utiliser aujourd’hui. Les situations sont cocasses mais ne font pas moins réfléchir sur notre usage et notre attachement – souvent démesuré – aux smartphones, tablettes et autres appareils technologiques.

Omniprésence de gadgets

Interrogé par le HuffPost Maghreb, le graphiste a indiqué que même si l’objectif premier de son travail était d’"amuser les gens", ses œuvres détournées posaient aussi la question de l’omniprésence de ces gadgets – parce qu’il faut bien les appeler comme cela – dans notre vie quotidienne.

"Nous devons nous demander si le fait que nos vies soient aussi affectées par les smartphones est bénéfique ou pas. Cela paraît normal dans nos sociétés contemporaines, mais lorsqu’on les intègre dans de vieilles images, cela paraît bizarre", a-t-il expliqué.

Vénus "likée"

On découvre ainsi La naissance de Vénus d’Alexandre Cabanel "likée", "tweetée" et partagée sur les réseaux sociaux par les petits angelots qui survolent son corps. Mais aussi le personnage du tableau Le Cri d’Edvard Munch, paniqué devant son iPhone brisé. Ou l’un des hommes habillés du Déjeuner sur l’herbe de Manet, qui prend en photo la femme nue à ses côtés. Ou encore Marie-Thérèse Walter (la compagne de Picasso) faire un "selfie"...

"Sujet croustillant" d’après "La Naissance de Vénus" d’Alexandre Cabanel, 1863 © Kim Dong-Kyu, novembre 2013 / Art x smart

"Le Cri" d'après "Le Cri" d'Edvard Munch, 1893 © Kim Dong-Kyu, novembre 2013 / Art x smart

"Le déjeuner" d'après "Le déjeuner sur l'herbe" d'Edouard Manet, 1862–1863 © Kim Dong-Kyu, novembre 2013 / Art x smart

"Self shot" d'après "Marie-Thérèse Walter" de Pablo Picasso, 1937 © Kim Dong-Kyu, novembre 2013 / Art x smart

>> voir plus de tableaux détournés sur le site "Art x smart"

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