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Libye

Mort de Mouammar Kadhafi

Mouammar Kadhafi est mort jeudi 20 octobre 2011. Il a été tué les armes à la main durant la prise de Syrte. Le CNT l’a confirmé officiellement. Les circonstances de sa mort restent encore confuses.

L’incertitude aura duré quelques dizaines de minutes. Kadhafi, mort ou pas mort ? Puis l’annonce officielle est venue confirmer les propos tenus préalablement par un officiel du Conseil national de transition qui se trouvait à Syrte. "Une nouvelle Libye est née", s’est exclamé Mahmoud Shammam, porte-parole du Conseil national de transition, au New York Times. "C’est le jour de la libération réelle. Nous voulions être raisonnables et lui offrir un vrai procès. Il semble que Dieu en ait décidé autrement" Plus tôt encore, un commandant des forces du Conseil national de transition avait annoncé, repris par des médias libyens, la capture du dirigeant déchu, blessé grièvement à la tête et aux deux jambes : "Kadhafi a été arrêté. Il est gravement blessé mais il respire encore", a déclaré à l’AFP Mohamed Leith, un des commandants venus de Misrata, à l’ouest de la ville de Syrte, en affirmant avoir vu Mouammar Kadhafi de ses propres yeux. Selon lui, Kadhafi portait un costume kaki, un turban autour de la tête.

Le chef de ses forces armées, Abu Bakr Younus Jabr, aurait été tué à ses côtés, et son porte-parole, Ibrahim Moussa, aurait été, lui, capturé.

Des témoignages visuels

De nombreuses personnes affirment avoir été témoins de la mort de Mouammar Kadhafi. En voici un exemple, recueilli par la BBC et rapporté par notre partenaire GlobalPost.
Imad Moustaf, combattant du CNT, a déclaré avoir été présent lors de la capture et de la mort de Mouammar Kadhafi. Il a vu l’ex-leader libyen recevoir une balle dans la tête et dans la poitrine, près du cœur. La scène s’est déroulée à l’ouest de Syrte, où il se cachait depuis quelque temps, dans un bunker surveillé par plusieurs gardes du corps. Imad Moustaf affirme avoir été présent, dans l’ambulance, lorsque Kadhafi est mort.

La mort de Moatassim Kadhafi, le cinquième fils du leader libyen, celui qui aurait mené les derniers assauts à Syrte, a aussi été confirmée. Son corps aurait été vu dans l’enceinte de l’hôpital.

 

 

La fin d’une longue traque

Introuvable depuis la chute de Tripoli, le 23 août, Mouammar Kadhafi avait adressé, à plusieurs reprises, des messages audio aux Libyens par l’intermédiaire de la télévision Arraï, basée à Damas en Syrie. À chaque fois, il les incitait à poursuivre le combat pour lutter contre les traîtres à la solde des colonisateurs. Son porte-parole, Ibrahim Moussa, avait annoncé à la mi-septembre, qu’il se trouvait bien évidemment toujours en Libye. Néanmoins, les rumeurs les plus folles avaient couru à son sujet. On le disait en Algérie, puis au Niger. Récemment encore, certains prétendaient qu’il travaillait au rassemblement d’une armée de 10 000 ou 15 000 membres, composée pour l’essentiel de Touaregs, et entendaient mener bientôt une contre-offensive de poids contre le CNT et lOtan.

La fin de la guerre civile en Libye ?

La mort de Mouammar Kadhafi marque-t-elle la fin de la guerre civile en Libye ? Il est probable qu’elle marque en tout cas le début de la fin de la fin du conflit. Tant qu’il restera des forces fidèles à l’ancien dictateur, des échauffourées restent possibles, mais il ne semble pas un seul combattant prêt à reprendre, immédiatement, le flambeau. Débute pour le CNT une difficile phase de transition et d’installation au pouvoir. Une phase périlleuse dans la mesure où elle pourrait coïncider avec l’émergence ou le réveil de nouvelles dissensions sur des bases tribales ou géographiques.
Autre sujet majeur d’inquiétude pour l’ensemble de la communauté internationale : qu’adviendra-t-il des nombreuses armes lourdes disparues dans les combats ? Qu’elles soient tombées dans les mains d’organisation terroristes du côté de Gaza ou au Sahel, chez le Hezbollah ou Al-Qaïda, et les conséquences pourraient se révéler majeures pour la sécurité et la paix dans le monde.

Les réactions de la communauté internationale

En Europe, Herman Van Rompuy, président de l’Union européenne, et José Manuel Barroso ont, par un communiqué de presse commun, salué "la fin d’une ère de despotisme et de répression au cours de laquelle le peuple libyen a souffert pendant trop longtemps. Aujourd’hui, la Libye peut tourner une page de son histoire et embrasser un nouvel avenir démocratique".

L’ONU, par la voix de Ban Ki-Moon, s’est réjouie de cette nouvelle lors d’une réunion au siège des Nations unies à New York. "Ce n’est que la fin du commencement. Le chemin vers l’avenir pour la Libye et sa population sera difficile et plein de défis. Maintenant, c’est le moment pour tous les Libyens de se rassembler. Les Libyens ne peuvent réaliser la promesse du futur que grâce à l’unité nationale et à la réconciliation"

Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé s’est exprimé devant des journalistes à New Delhi : "L’annonce de la mort de Kadhafi et la chute de Syrte sont la fin d’une période très difficile pour le peuple libyen. C’est la fin de 42 ans de tyrannie, d’un conflit militaire qui a été très éprouvant pour le peuple libyen"

David Cameron, Premier ministre britannique s’est exprimé devant la presse après la confirmation de la nouvelle et a déclaré être fier du rôle qu’ont joué les Britanniques dans la chute du dictateur. "C’est un jour où il faut se souvenir des victimes de Kadhafi", a-t-il ajouté.

Silvio Berlusconi a été un des premiers à réagir. "Sic transit gloria mundi", "Ainsi va la gloire du monde". Le Premier ministre italien est connu pour avoir entretenu de très proches relations avec l’ancien dictateur libyen.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères polonais, dans un communiqué de presse, a regretté "que le colonel Kadhafi n’ait pas été jugé pour ses crimes par un tribunal en Libye ou à La Haye".

Les États-Unis ne se sont pas encore prononcés n’étant pas dans la mesure de confirmer la mort de Mouammar Kadhafi.

 

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