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Attaque chimique en Syrie : les Etats Unis menacent d’une action unilatérale

Après le blocage ruse à une résolution onusienne condamnant le régime Syrien pour son usage de gaz toxiques contre sa propre population, les Etats-Unis ont menacé Moscou de prendre des mesures unilatérales contre Bacahr al-Assad. Au surlendemain de l’attaque, on compte de 86 morts, dont 30 enfants et 20 femmes.

Un raid aérien à l’arme chimique mené par l’armée de Bachar al-Assad a tué 86 personnes et fait plus de 160 blessés dans la ville de Khan Cheikhoun, dans la province d’Idleb, au nord-ouest de la Syrie – et contrôlée par les rebelles. Les images du correspondant de l'AFP montrent des hommes, das femms et des enfants aux pupilles dilatées, allongés sur le sol, de la mousse sortant de le bouche, pris de spasmes et de crises de suffocation.

Dans un communiqué, l'OMS souligne que "la probabilité d'une exposition à une attaque chimique est amplifiée par le manque apparent de blessures externes rapporté dans des cas montrant l'apparition rapide de symptômes semblables comprenant une détresse respiratoire aigüe comme principale cause de la mort". La nature des armes chimiques n’a pas encore été confirmée, mais l’OMS évoque le probable usage d’une "catégorie de produits chimiques incluant des agents neurotoxiques".

Cette attaque a été dénoncée par la quasi-intégralité de la communauté internationale : le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a évoqué une attaque "inhumaine" et d’une "cruauté sans équivalent", tandis que le pape François a dénoncé un "massacre inacceptable". "Toutes les preuves que j'ai vues suggèrent que c'était le régime d'Assad (...) utilisant des armes illégales en toute connaissance de cause contre son propre peuple", a affirmé le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson.

Une résolution présentée par Washington, Paris et Londres condamnant l'attaque et appelant à une enquête rapide a été soumise Conseil de sécurité mercredi. Cependant, le régime, qui a organisé ces frappes, dément toujours l’usage de gaz neurotoxiques. Et son allié russe a refusé d’aborder la question. Pour le Kremlin, via le porte-parole du ministère russe de la Défense, le Général Igor Konachenkov, les frappes ont accidentellement touché un "entrepôt" des rebelles où étaient entreposés des "substances toxiques" qu’ils comptaient utiliser contre le régime.

Si ce blocage illustre les traditionnelles divisions entre Occidentaux et Moscou sur le dossier syrien, l'attitude des Etats-Unis a, elle, évolué. "Ces actes odieux du régime d’Assad ne peuvent être tolérés", a réagi M. Trump, vite rejoint par Nikki Haley, l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, affirmant qu’"après la Crimée et l’Ukraine, les Russes essaient maintenant de couvrir Bachar Al-Assad, et ce sont des choses que nous n’allons pas laisser passer". Cette dernière a pour la première fois évoqué la possibilité "d’une action unilatérale" américaine en cas de blocage à l’ONU.

Pour rappel les frappes du régime dans cette région ont repris de plus belle en réaction au lancement, par les rebelles, à la mi-mars, d’une offensive contre Hama, la capitale de la provinciale, située une trentaine de kilomètres au sud de Khan Cheikhoun. Les insurgés (principalement des djihadistes du Front Fatah Al-Cham, une émanation d’Al-Qaida) ont pu s’approcher à moins de dix kilomètres de leur cible, ce qui a suscité l’inquiétude du régime.

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