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Augmentation des exportations de gaz russe en Europe

En 2017, le géant gazier russe Gazprom a augmenté ses exportations vers l'Europe pour atteindre un niveau record de 193 milliards de mètres cubes. Et ce malgré les efforts de l’UE pour réduire sa dépendance vis-à-vis de Moscou.

En 2017 les exportations de gaz russe vers l’UE ont connu une hausse de 8,1% par rapport à l'année précédente, d’après le Financial Times. Cette augmentation est surprenante quand con connait la volonté politique de Bruxelles de diversifier ses sources d’approvisionnement afin de ne plus dépendre de la Russie.  Le développement du marché du gaz liquéfié (GNL) facilement transportable, a en effet permis aux états membres d’augmenter leurs achats de gaz en provenance des États-Unis, du Qatar et d’autres pays producteurs en Afrique.

"Ce nouveau record des exportations pour la seconde année consécutive démontre d’une part, la demande croissante des pays européens pour le gaz russe et d’autre part, la fiabilité de ses livraisons", a indiqué Alexeï Miller, directeur général du groupe russe Gazprom. Ces chiffres "démontrent la demande croissante des pays européens pour le gaz russe mais aussi la fiabilité de ses livraisons dans les volumes demandés", s’est-il félicité. Le géant public russe, qui détient un monopole sur les pipelines destinés à l’exportation du gaz russe, fournit au total environ un tiers du gaz naturel consommé par les pays européens

Gazprom avait en effet connu des niveaux historiquement faibles ces dernières années, dus au déclin de ses parts de marché en Russie et la perte de l’Ukraine, gros client qui a cessé tout achat de gaz russe en 2016. La tendance c’est donc inversé. On trouve plusieurs causes à cette augmentation. Les livraisons à l’Allemagne et l’Autriche ont atteint un plus haut historique et les exportations à destination de la France ont augmenté de 6,8% par rapport à 2016, selon les chiffres fournis par Gazprom.

Selon Valéri Nesterov, analyste de la banque Sberbank CIB, la hausse de la demande européenne s’explique notamment par "la reprise économique" en Europe et le niveau des prix, "actuellement plus compétitifs que ceux du charbon". D’autres facteurs conjoncturels tels que des hivers froids, des sources européennes qui se tarissent, surtout aux Pays-Bas, et la fermeture de centrales nucléaires, notamment en Allemagne, sont à prendre en compte. Plus trivialement, l’objectif de diversification des sources "engendre des coûts supplémentaires, et la question est : qui va payer" relève Thierry Bros, chercheur à l’Oxford Institute for Energy Studies.

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