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Jean-Michel Arnaud

Jean-Michel Arnaud

Président du groupe Domaines Publics - Directeur des Publications de l'Abécédaire des Institutions

Docteur en gestion, titulaire d’un MBA de l’Université d’Ottawa et diplômé de l’ESLSCA, Jean-Michel débute sa carrière à la DREE dans l’expansion économique puis par la création d’entreprises d’import-export de biens industriels aux Etats-Unis. Il...

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Économie collaborative : la bonne affaire

Notion fourre-tout pour les uns, nouveau modèle pour les autres, l’économie collaborative casse les codes et gagne un grand nombre de secteurs économiques. Si elle répond à des besoins et crée des emplois, elle fragilise les entreprises traditionnelles, tout en favorisant la précarité. Aussi se pose la question : comment l’encadrer sans l’étouffer ?

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En 2014, 9 Français sur 10 avaient déjà eu recours au moins une fois à l’économie collaborative. 276 plateformes, dont 70% françaises, exerçaient une activité en France. Cet été, Airbnb a dépassé la barre des 10 millions d’hôtes. Uber revendique 1,5 million d’utilisateurs. 2,3 millions de Français ont déjà soutenu un projet grâce au financement participatif. Enfin, notre pays compte un leader mondial du covoiturage : BlaBlaCar. Les raisons de ce succès sont multiples : baisse du pouvoir d’achat, chômage de masse, rigidité du Code du travail, exigences écologiques. Jusqu’à présent, la plupart de ces plateformes ont créé peu d’emplois pérennes ; elles peinent à rentabiliser leurs investissements, tout en concurrençant de façon déloyale d’autres activités. Des abus et de récentes défaillances ont semé le doute dans l’opinion.

Face à ce nouveau mode de consommation, les pouvoirs publics ont élaboré une réglementation, mais qui demeure morcelée. La loi Alur encadre les locations saisonnières et l’habitat participatif. La loi Macron renforce les obligations d’information liées à l’activité de mise en relation numérique. La loi El Khomri aborde la question du statut des travailleurs collaboratifs. L’Urssaf et les services fiscaux requalifient les contrats et taxent les revenus de ces activités. De leur côté, les plateformes ont pris conscience de la nécessité d’offrir de nouveaux gages de responsabilité sociale : signatures de partenariats avec des mutuelles, délivrances de garanties logement, aides à l’ouverture de compte en banque sans frais. Pour ne pas brider cette source de croissance, l’Etat adresse des signaux positifs : suppression du monopole bancaire sur les prêts rémunérés, appel à projets pour sélectionner 30 territoires collaboratifs expérimentaux, comme préconisé par le rapport parlementaire de Pascal Terrasse.

Sans former un nouveau modèle, l’économie collaborative s’affirme comme une facette supplémentaire de l’économie du XXIe siècle.

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