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PARTICIPANTS PROBLÉMATIQUES

Le débat sur la transition énergétique bien mal engagé

Prévu à l’initiative du président de la République François Hollande, le débat national sur la transition énergétique, dont l’objectif est de définir une loi de programmation à voter en juin 2013 qui accélerera la baisse de notre consommation énergétique et réduira la part du nucléaire dans notre production électrique, a fait l’objet de vives critiques après l’annonce, par la ministre de l’Environnement Delphine Batho, de la composition de son comité de pilotage.

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La ministre de l’Environnement Delphine Batho. Photo : David.Monniaux

Ulcérés par la présence de deux figures majeures du nucléaire au sein du comité, GreenPeace et Les Amis de la Terre ont annoncé leur décision de boycotter le débat. Jean-François Julliard, le directeur de GreenPeace, a ainsi déclaré : "Nous ne participerons pas à cette réunion car nous n’avons plus confiance dans ce débat et dans la réelle volonté du gouvernement de réussir la transition énergétique".

Dans un communiqué de presse, la Fondation Nicolas Hulot déclarait également : "On peut noter que le secteur de l’entreprise est uniquement représenté sous l’angle des producteurs d’énergies sales, alors même que la transition énergétique concerne et bénéficie aux producteurs d’énergies renouvelables et aux entreprises spécialisées dans les économies d’énergie. Il s’agit là d’un autre mauvais signal".

Une autonomie en énergie nous rendrait "maîtres de notre destin"

Après de nombreuses critiques sur le manque d’équité et de transparence prévu pour l’événement, c’est Pascal Colombani, l’ex-administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique, qui renonçait à animer les débats aux côtés de Anne Lauvergeon (ex-patronne d’Areva), de Jean Jouzel (climatologue), de Laurence Tubiani (directrice de l’Institut du développement durable et des relations internationales) et de Bruno Rebelle (un ancien directeur de GreenPeace). Il a déclaré démissionner "faute du temps nécessaire à consacrer à ce projet ambitieux et capital pour l’avenir énergétique de la France".

Ainsi, ce sont George Mercadal, ancien vice-président de la Comission nationale du débat public et ancien directeur de la construction au ministère de l’Urbanisme et du logement, et Michel Rollier, ancien directeur de Michelin et président de la Plate-forme de la filière automobile (PFA), qui ont été désignés pour animer les débats avec Anne Lauvergeon, Jean Jouzel, Laurence Tubiani et Bruno Rebelle.

Alain Maugard, président de Qualibat, énonçait dernièrement dans un article du magazine N° 760 de Chaud Froid Performance, l’importance du "passage de l’addiction à la consommation d’énergie". En effet, une autonomie en énergie nous rendrait "maîtres de notre destin".

"Nous avons une capacité d’innovation sociétale plus forte qu’on ne le croit"

M. Maugard a insisté sur notre capacité à être indépendants en envisageant une parité entre énergies renouvelables et nucléaire. Un choix d’après lui indispensable pour parvenir à trouver l’équilibre qui nous permettra d’avancer dans cette transition énergétique. D’après lui, il est essentiel que les différents acteurs du bâtiment se forment continuellement afin d’évoluer avec les techniques les plus performantes. "Je crois à un décloisonnement des métiers de l’ingénierie, car nous allons entrer dans une période où il faudra que toutes les innovations se mettent en système", a-t-il ajouté.

D’après M. Maugard, ce réel projet politique permettrait de faire avancer notre conscience collective et notre responsabilisation en terme d’économie d’énergie. "Nous avons une capacité d’innovation sociétale plus forte qu’on ne le croit", a-t-il affirmé.

Delphine Batho semble donc être attendue au tournant. Ce débat national sur la transition énergétique devra être moteur de changements concrets, ce dont semblent douter les différents acteurs de cette discussion. Une discussion qui ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, puisque beaucoup ont d’ores et déjà renoncé à y participer.

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