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Marc Reeves

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Mort de Rafsandjani : la disparition d’un pilier du régime en Iran

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Le 8 janvier dernier, Ali-Akhbar Hashemi Rafsandjani est mort, à l’âge de 82 ans. Souvent présenté dans les médias occidentaux comme un modéré, partisan de l’ouverture du pays, voire comme un pragmatique, son décès nous donne l’occasion de rétablir quelques vérités passées sous silence. Et parce que certains médias se contentent de peu en satisfaisant à la volonté propagandiste, prenons la voie inverse et reprenons la vie de Rafsandjani selon les nombreuses exactions dont il est responsable.

La vie de Rafsandjani fut longue. Et ses responsabilités politiques en Iran ne datent pas d’hier. Déjà très proche conseiller du précédent guide suprême décédé en 1989, L’ayatollah Khomeyni, sa carrière fut très riche de manipulations diverses, d’attentats commandités à l’extérieur du pays et autres joyeusetés du genre. Afin de poser le personnage et de prendre en compte le poids qu’il a pu représenter dans la construction et l’évolution du régime théocratique Iranien, revenons pour commencer sur ses différents mandats.

Fondateur de la république Islamique

Connu du public occidental pour avoir été président de l’Iran entre 1989 et 1997, on en oublierait presque que l’homme est considéré comme l’un des pères fondateurs du régime, aux côtés de Khomeyni. Mais ce n’est pas tout. Avant d’être président de la république islamique, Rafsandjani fut également président du parlement et même commandant des forces armées pendant un bref moment durant l’année 1989. Après ses mandats présidentiels, il présida rien moins que l’assemblée des experts, cette assemblée d’élite de 88 personnes chargée d’élire le futur guide suprême à la mort du  guide suprême en poste. Pour finir, il était depuis lors et jusqu’à son décès président du conseil de discernement. Sorte de conseil d’état à l’Iranienne. C’est dire si Rafsandjani a eu une influence considérable sur l’état Iranien depuis 1979. Il s’agit là d’un personnage réellement central du régime qui s’est éteint.

Bien que montré comme un modéré sur la fin de son règne, et par définition opposé aux conservateurs représentés par le guide suprême actuel, Ali Khameneï, ces derniers étaient de très bons amis, très proches. Rafsandjani avait toujours l’oreille de Khameneï. Et, si leur point de vues pouvaient différer sur la partie économique de la gestion du pays, ils ont toujours été d’accord à l’heure de massacrer leurs opposants, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières.

Responsable des assassinats de dissidents

Dès 1981, au lendemain des manifestations monstres et du début de soulèvement orchestré par le Moudjahidines du peuple, durement réprimé par le régime, Rafsandjani déclarait à propos des membres de l’OMPI : "La loi divine définit quatre peines qui doivent être exécutées : 1 - les tuer, 2 – les pendre, 3 - leur couper les bras et les jambes, 4 - les bannir.  Si nous avions capturé et exécuté 200 d'entre eux juste après la Révolution, ils ne se seraient pas autant multipliés. Si nous ne réglons pas aujourd'hui définitivement le sort des groupes armés des Monafeghine (Hypocrites – terme péjoratif du régime pour désigner l’Ompi) ainsi que des agents des États-Unis et de l'Union soviétique, dans trois ans nous devrons exécuter plusieurs milliers d'entre eux au lieu de mille actuellement"

que ce seul extrait nous permet de constater à quel point l’homme était modéré… Mais cela ne s’arrête malheureusement pas là. Lors du tristement célèbre été 1988, lorsque plus de 30 000 Iraniens furent exécutés par leur propre gouvernement à l’issue d’une Fatwa lancée par le guide suprême Khomeyni, il s’avère que la décision finale avait été prise après consultation de seulement deux personnes ; le guide suprême actuellement, Ali Khameneï et Ali-Akhbar Rafsandjani !

Instigateur de l’état terroriste Iranien

Il n’y a jamais eu plus d’attentats en dehors de l’Iran et d’assassinats politiques que lorsqu’il était président de la république islamiste et chef du conseil suprême de la sécurité nationale. Le seul exemple de l’attentat perpétré en Argentine, contre le centre communautaire juif de l'AMIA à Buenos Aires, en 1994 révèle les intentions réelles du personnage. En 2006, les enquêteurs Argentins ont révélé son implication personnelle dans cet attentat. Mais ne nous arrêtons pas là. Le FBI a explicitement reconnu Rafsandjani comme le principal responsable de l’attentat contre les tours Khobar en Arabie saoudite le 25 juin 1996, où 19 décès furent à déplorer.

En 1992, 4 dissident Kurdes Iraniens ont été assassinés dans u restaurant en plein cœur de Berlin. En 1996, les tribunaux Allemands ont reconnus l’implication directe du gouvernement Iranien, dont Rafsandjani était le président dans ce quadruple meurtre. Et bien d’autres dissidents ont été assassinés : Kazem Radjavi, en 1990 à Genève, Mohammad Hossein Naghdi, criblé de balles à Rome en 1993, Zahra Rajabi à Istanbul en 1996…

Pour couronner le tout, Rafsandjani et son ami Khameneï ont intensifié leurs relations avec la Corée du Nord afin de développer la bombe nucléaire. Et à tous ceux qui tenteraient encore de définir Rafsandjani comme un modéré, rappelez-vous qu’il est le mentor du président de la république actuel, Hassan Rohani, lui aussi présenté comme un modéré. Un modéré qui ne fait exécuter que près de 1 000 personnes par an, dont la plupart publiquement, attachés par le cou au bout d’une grue…

La seule chose réelle dans ce que les médias occidentaux racontent, c’est l’importance de cet homme dans l’équilibre du pouvoir en place tant sur le plan interne qu’au niveau international. Maintenant qu’il a disparu, et que son compère Khameneï ne semble plus très loin de sa propre fin, il existe peut-être une chance de voir le régime s’effondrer sur lui-même et le peuple Iranien recouvrer un peu de libertés.

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