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Olivier Gerbault

Olivier Gerbault

Chirurgien plasticien

Le Docteur Olivier Gerbault est chirurgien plasticien qualifié depuis 1997. Il s’est spécialisé en rhinoplasties, en chirurgie et médecine de rajeunissement facial et en chirurgie mammaire. Il participe par ailleurs à l’évaluation de nouvelles tec...

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Médecine

La rhinoplastie moderne : ce qui change vraiment

En 2015, plus de cent ans après les débuts de la chirurgie esthétique, certains estiment qu’elle est arrivée à un stade de maturité et que ses évolutions ne sont que modestes. Paradoxalement, les nouveautés se succèdent à un rythme effréné en matière de médecine esthétique, ce qui pourrait laisser croire que cette dernière supplanterait la chirurgie esthétique. Or, si ces deux branches de l’esthétique sont généralement complémentaires, il y a un domaine dans lequel la chirurgie demeure encore la seule option: il s’agit de la rhinoplastie.

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De fait, la rhinoplastie a évolué de façon considérable en vingt ans, pour arriver à une intervention d’une précision extrême autorisant un résultat véritablement sur mesure, et cela grâce à deux révolutions : la rhinoplastie structurelle dans les années 80-90, et désormais la rhinosculpture ultrasonique.

La rhinoplastie traditionnelle consiste à passer habituellement par l’intérieur du nez pour retirer de l’os et du cartilage en trop lorsqu’il faut réduire le volume du nez, et casser ensuite les os du nez pour réduire sa largeur. Ces gestes peuvent être traumatisants, et ils manquent souvent de précision car une partie au moins de l’opération est faite dans cette approche "classique" à l’aveugle. Or ne pas visualiser les os du nez lorsque ceux-ci  doivent être cassés rend parfois hasardeux certaines corrections pourtant très fréquentes de nez trop larges, trop forts, ou de bosses. De la même façon, retirer du cartilage ou reconstruire des structures cartilagineuses est souvent compliqué lorsque l’on passe uniquement par un petit espace à l’intérieur des orifices narinaires. Cependant, sur le nez plus que partout ailleurs, le moindre millimètre, la moindre imperfection est visible et peut difficilement se cacher. En effet, la plus petite erreur du chirurgien ne pardonne pas, ce qui fait de la rhinoplastie une chirurgie si particulière, si délicate.

Bien que la rhinoplastie traditionnelle permet généralement d’obtenir des résultats satisfaisants, il n’est pas rare de croiser des personnes opérées du nez avec  des stigmates de cette opération : pointe trop pincée, trop remontée, ou au contraire tombante, orifices narinaires trop visibles, nez déviés, ou trop creusés, et enfin tout le lot d’irrégularités qui entachent un certain nombre de rhinoplasties, sans compter les problèmes respiratoires secondaires aux interventions. De plus, le temps accentue ces défauts liés aux rhinoplasties traditionnelles.

La rhinoplastie structurelle a été un bouleversement par rapport à la rhinoplastie traditionnelle : il s’agit non plus de retirer de la matière, mais de modifier la forme des cartilages à l’aide de sutures et de greffes cartilagineuses (petits morceaux de cartilages prélevés habituellement à l’intérieur du nez, sans aucune conséquence néfaste lorsque cela est correctement réalisé). L’avantage principal de la rhinoplastie structurelle est de modifier la forme du nez sans risquer de le déformer tout en préservant ou renforçant la fonction respiratoire. En effet, les structures internes du nez n’étant pas affaiblies, mais uniquement remodelées ou renforcées, c’est tout l’aspect et le devenir du nez que l’on peut ainsi mieux appréhender. En revanche, la rhinoplastie structurelle ne permet pas d’agir sur les structures osseuses du nez, qui restaient jusqu’à présent une partie obscure, car non visualisée pendant l’opération.

La rhinosculpture ultrasonique vient combler ce dernier écueil en matière de rhinoplastie. Grâce à la douceur et à la précision du procédé ultrasonique, il est possible de visualiser la totalité de la pyramide nasale avant de la modifier. Il est désormais possible pour la première fois depuis que la rhinoplastie existe, d’effectuer l’intégralité de l’opération sous contrôle visuel direct. Le chirurgien peut désormais mettre en place un traitement sur mesure pour le patient. Par ailleurs, dans de nombreux cas, il n’est plus nécessaire de casser les os du nez (ce qui était fait de façon quasi systématique jusqu’à présent). Les os sont simplement polis puis lissés grâce aux ultrasons. Dans le cas des nez qui doivent être réduits sensiblement en largeur, les incisions osseuses permettent de rapprocher les os de façon très fine et parfaitement contrôlée. Enfin, les instruments ultrasoniques ont pour avantage de ne pas léser les vaisseaux, et il n’y a quasiment pas de bleus après l’opération. Dès lors, la reprise du travail peut se faire dès le 5-6ème jours, car les patients sont très peu marqués.

Grâce à la rhinosculpture ultrasonique, en 2015, il est désormais possible pour les chirurgiens de proposer aux patients une approche globale, précise et contrôlable des corrections du nez. En favorisant un résultant très naturel et en évitant l’aspect "opér", qui était autrefois difficile à cacher, la rhinosculplture ultrasonique apporte un véritable confort supplémentaire au patient comme au chirurgien. Le retour à une vie normale peut se faire très vite et permet aux patients d’intégrer une opération du nez de façon beaucoup plus aisée dans leur organisation personnelle.  Enfin, l’évolution dans le temps est parfaitement stable quelques soient les caractéristiques initiales du nez ou du type de peau.

Cet apport récent de la technologie à base d’ultrasons à la chirurgie esthétique est une avancée très prometteuse qui pourrait ouvrir la voie à d’autres utilisations des ultrasons en médecine ou en chirurgie, au service d’une meilleure fiabilité, sécurité et de meilleurs résultats pour les patients.

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