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Jean-Michel Arnaud

Jean-Michel Arnaud

Président du groupe Domaines Publics - Directeur des Publications de l'Abécédaire des Institutions

Docteur en gestion, titulaire d’un MBA de l’Université d’Ottawa et diplômé de l’ESLSCA, Jean-Michel débute sa carrière à la DREE dans l’expansion économique puis par la création d’entreprises d’import-export de biens industriels aux Etats-Unis. Il...

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Energie

La ville intelligente face au défi écologique

Le défi écologique s’affirme comme un défi urbain. Si la ville produit un grand nombre des nuisances – émissions de CO2, pollution de l’air, gaspillage … –, elle concentre aussi une grande partie des solutions. A la ville impersonnelle des Trente Glorieuses, succède la ville intelligente, harmonieuse et flexible, qui profite des NTIC. S’agit-il d’une vision réaliste ou d’un nouveau mirage ?

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D’après l’ONU, en 2050, les trois quarts de la population mondiale vivront en ville, contre 55% aujourd’hui. Cela représente une croissance de 2,5 milliards d’individus, soit l’équivalent de la création de 70 villes d’un million d’habitants chaque année d’ici là. Les mégalopoles consomment trois quarts de l’énergie mondiale et rejettent 80% du CO2 d’origine fossile. La planification de leurs besoins énergétiques permettrait d’économiser d’ici 2050, 1 800 millions de tonnes équivalent pétrole. La sobriété est un des aspects de la  ville intelligente, qui couvre d’autres domaines, comme la construction, la végétalisation, la mobilité, la mise en réseau des circuits de distribution, l’exploitation des données, ou big data. De manière progressive, se dessine un nouveau modèle urbain, qui se fonde sur la décentralisation énergétique, les NTIC et l’implication de citoyens à la fois producteurs et consommateurs d’énergie, de services ou de données.

Prometteuse, cette révolution urbaine se heurte à des obstacles. La valorisation des innovations énergétiques prend du temps, ce qui peut dissuader les investisseurs privés. L’exploitation du big data inquiète les entreprises soucieuses de protéger leurs données, et les individus  qui y voient une intrusion dans leur vie quotidienne. Même si les batteries au lithium et à l’hydrogène solide  offrent des solutions, le manque de capacité de stockage freine le développement des énergies renouvelables. De son côté, l’inertie du patrimoine immobilier français retarde la construction de bâtiments intelligents, dont les surcoûts varient. Malgré tout, les métropoles multiplient les initiatives, se changent en laboratoires. Pour les financer, elles ont recours à plusieurs outils : conventions d’expérimentation, partenariats d’innovation, cofinancement public, crowdfunding…

Seconde chance pour des zones sinistrées, relais de croissance pour les bassins dynamiques, la ville intelligente  serait-elle la clé de la sobriété heureuse ?

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