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Brésil : Michel Temer mis en cause dans une affaire de pot-de-vin

Le président brésilien Michel Temer aurait été enregistré en train de donner son accord à des pots-de-vin – une révélation dévastatrice pour le conservateur, qui avait provoqué la destitution de son alliée politique Dilma Rousseff. Des manifestants ont immédiatement réclamé sa destitution.

Mercredi 17 mai, le journal télévisé du soir de la chaîne O Globo – la plus regardée du pays – a fait état d’une révélation choc : le président brésilien, Michel Temer, aurait été enregistré alors qu’il donnait son accord à des pots-de-vin lors d’une rencontre en mars avec Joesley Batista, un des propriétaires du groupe J & F, qui contrôle notamment le géant de la viande JBS.

Joesly Batista se serait enregistré secrètement alors qu’il expliquait au chef de l’État qu’il versait des sommes d’argent à Eduardo Cunha, ex-président de la chambre des députés tombé pour corruption et actuellement en prison. D’après l’enregistrement, révélé par le procureur qui instruit l’affaire, ce versement visait à acheter son silence. "Tu dois maintenir ça (les pots-de-vin", aurait commenté le nouveau cher d’état.

Au-delà de Michel Temer, la bande compromet le sénateur Aecio Neves, candidat malheureux à la présidentielle de 2014 pour le Parti de la social-démocratie brésilienne. Ce dernier y réclame deux millions de reais (571 000 euros) à Joesley pour en contrepartie de sa couverture dans l’affaire "Lava-Jato". Neves poursuit, en affirmant que la somme sera transmise par une personne de confiance, "que l’on puisse tuer avant qu’il fasse une délation".

Temer a immédiatement nié ces accusations : "Le président Michel Temer n'a jamais demandé des paiements afin d'obtenir le silence de l'ex-député Eduardo Cunha. Il n'a pas participé ou autorisé aucune opération ayant pour objectif d'éviter une confession ou une collaboration avec la justice de l'ancien parlementaire", d’après un communiqué de la présidence brésilienne. Pourtant, la nouvelle a mis le feu aux poudres dans le pays.

Plusieurs dizaines de Brésiliens sont descendus dans les rues pour protester dans les plus grandes villes du pays, y compris devant le palais présidentiel, à Brasilia. On constate un réel ras le bol de la population brésilienne après des scandales de corruption à répétition. Déjà très impopulaire, la survie politique de Temer semble à ce point difficile. Un député du parti vert, REDE, Alessandro Molon, a déposé une demande d’impeachment contre ce dernier.

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