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JEUX OLYMPIQUES

Après le Mondial de foot, Rio prépare en urgence les JO 2016

A peine le temps de se remettre de la débâcle de sa Coupe du Monde (défaite 7-1 en demi-finale face à l’Allemagne) que le Brésil doit se pencher sur un autre gros chantier : l’accueil des Jeux Olympiques de 2016 à Rio. Une organisation très critiquée, encore des sommes pharaoniques dépensées et des mouvements sociaux toujours plus importants qui se profilent, les deux prochaines années s'annoncent tendues pour le pays.

La baie de Copa Cabana abritera plusieurs disciplines olympiques. Crédit : Shutterstock

Les lendemains de Coupe du Monde ressemblent étrangement à une grosse gueule de bois pour le pays organisateur. Après des mois et même des années d’efforts, les yeux de la planète ne sont plus rivés sur lui et la population peut enfin reprendre sa vie normalement, le gouvernement se concentrer sur les problèmes d’éducation, de santé et de transport.

La Coupe du Monde presque bon marché

Mais pas de répit pour les Brésiliens, qui doivent faire face à l’organisation des Jeux Olympiques pour l’été 2016. Et si les stades de la Coupe du Monde qui avaient été fini au dernier moment et coûté si cher au pays avaient fait scandale, les infrastructures en construction pour les JO devraient provoquer encore beaucoup de manifestations. Le gouvernement brésilien a pour l’instant annoncé une facture provisoire de 12 milliards d’euros pour les Jeux, soit déjà 3 milliards de plus que pour la Coupe du Monde.

Et cette fois-ci, il ne sera pas question de stades de football, sport extrêmement populaire au Brésil, mais de terrains de golf, de piscines ou de stades de gymnastique. Autrement dit, il y a peu de chance pour que la contestation s’arrête lorsque la compétition démarre comme cela a été le cas pour le football. Les Brésiliens sont loin de faire partie des favoris pour remporter des médailles d’or.

"La pire préparation"

Pour le Comité olympique internationale (CIO) et son vice-président, l’Australien John Coates, cette préparation est "la pire" qu’il ait vue, comme il le déclarait publiquement en avril dernier. Il avait notamment vivement critiqué les problèmes de communication, en établissant une comparaison avec les Jeux Olympiques d’Athènes de 2004 dont l’organisation désastreuse avait conduit à de nombreux retard dans les constructions : "A Athènes, nous avions pour interlocuteurs un gouvernement et quelques responsables municipaux. Ici, il y en a trois" Il faisait référence au "manque de coordination entre le gouvernement brésilien, l’Etat de Rio et la municipalit"

Des travaux déjà très en retard

Hormis le stade de Maracana qui accueillera des matchs de football comme d’autres stades dans le pays, les sites qui doivent accueillir les épreuves sont loin d’être prêts. Pire encore, pour certains les travaux viennent à peine de débuter avec des mois de retard, comme c’est le cas pour le parc olympique de Deodoro ou pour le parcours de golf et son gazon qui vient à peine d’être planté.

Concernant les transports, la mairie de Rio ne devrait pas remplir ses objectifs, même si certaines améliorations arriveront à temps comme la nouvelle ligne de métro reliant le sud de la ville à l’ouest.

Mais l’un des gros points noirs de cette préparation des JO est la pollution, tout particulièrement celle de la baie de Rio. En mai dernier, la journaliste Rachel Glickhouse révélait que 60% des eaux usées étaient déversées dans la baie et les rivières alentours en plus d’autres déchets. Sachant que beaucoup d’épreuves aquatiques se dérouleront dans ces eaux, il y a fort à parier pour qu’un scandale éclate et que des athlètes refusent de risquer leur santé, les autorités sanitaires brésiliennes elles-mêmes reconnaissant que les plages devraient être interdites à la baignade.

Pour les Brésiliens, l’organisation de la Coupe du Monde n’était que le début des problèmes.

 

 

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