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Catalogne : une région plus divisée que jamais

La mobilisation unioniste en Catalogne jette le doute sur l’avenir d’une région partagée à l’image des plus récents sondages, qui donnaient le « non » à l’indépendance devant avec 44,9% de la population, alors que les séparatistes représentaient 41,1% des opinions exprimées.

Dimanche 8 octobre, une première grande manifestation de Catalans anti-indépendance – un camp resté longtemps silencieux – a eu lieu dans les rues de Barcelone. CE grand rassemblement se tenait une semaine après le référendum d’autodétermination, où le "Oui" l'a remporté à plus de 90% - notamment du fait d’un appel au boycott des partis d’opposition. 350 000 personnes (950 000 selon les organisateurs) ont défilé, avec le soutien officiel par le Parti conservateur de Mariano Rajoy, le Parti socialiste catalan et le mouvement Ciudadanos – les principales forces d’opposition aux indépendantistes en Catalogne.

En face, le gouvernement indépendantiste affiche toujours sa détermination : Carles Puigdemont, le chef du gouvernement catalan doit s’exprimer, mardi 10 octobre, devant le Parlement régional. Il s’est dit prêt à une déclaration unilatérale d'indépendance si le gouvernement central espagnol ne répondait pas aux propositions de médiation : "Nous avons ouvert la porte à la médiation, nous avons dit “oui” à toutes les possibilités de médiation qui nous ont été présentées. Les jours passent et, si l’Etat espagnol ne répond pas de manière positive, nous ferons ce que nous sommes venus faire" D’autres dans son camp appellent cependant à une "trêve" afin de "donner une dernière chance au dialogue".

Du côté du gouvernement national, la fermeté – qui l’a pourtant globalement desservi jusqu’à maintenant – semble encore être le maître mot. Dimanche, Mariano Rajoy déclarait au quotidien El País que proclamer l'indépendance reviendrait à franchir une ligne rouge. Il a encore demandé, que "la menace de déclaration d’indépendance soit retirée le plus rapidement possible". Le chef du gouvernement espagnol menace de réduire l'autonomie actuelle de la Catalogne via l’application de l’article 155 de la Constitution. Le chef du gouvernement espagnol a néanmoins assuré qu’il était "encore temps" pour les dirigeants catalans de faire machine arrière.

Ce bras de fer n’est pas sans conséquence pour la région – en particulier parce qu’une déclaration d’indépendance pourrit signifier une sortie de la zone euro. La pression économique s’est accentuée sur les indépendantistes avec le départ annoncé de plusieurs entreprises fuyant le risque d’instabilité – dont les deux plus grosses banques catalanes Sabadell et Caixa, suivies par le spécialiste gazier Gas natural et le géant autoroutier espagnol Albertis. Le FMI a également tiré la sonnette d’alarme, estimant que "les tensions et les incertitudes" pourraient "peser sur la confiance et les décisions d’investissement" en Catalogne.

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