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BUSINESS DOUTEUX

Chine: le commerce d'instruments de torture en plein essor

La fabrication et l'exportation d'instruments de torture par des entreprises chinoises favorisent les violations des droits de l'Homme en Afrique et en Asie, selon Amnesty International. Rapport.



De nombreuses entreprises chinoises tirent profit du commerce des instruments de torture (Photo: Shutterstock.com)

Matraques électriques, bâtons cloutés, sièges immobilisant les détenus... Plus de 130 entreprises chinoises profitent du juteux business des instruments de torture, dénonce Amnesty International dans un rapport publié mardi 23 septembre. Ce commerce d'un genre particulier alimente les violations des droits de l'Homme dans divers pays d'Afrique et d'Asie. 

Articles "inhumains" 

Ces entreprises – qui sont pour la plupart publiques – n'étaient que 28 il y a 10 ans, indique l'ONG. Certains articles vendus "sont intrinsèquement cruels et inhumains et devraient donc être bannis sur-le-champ", souligne Amnesty International, qui cite par exemple les dispositifs d'entrave cervicale (carcans) ou encore les menottes pour chevilles à chaîne lestée.

"Il n'existe en Chine aucun véritable mécanisme permettant de veiller à ce que [c]es équipements [...] soient retirés du march", déplore l'organisation de défense des droits de l'Homme. "Il est urgent pour les autorités chinoises de réformer de fond en comble leur législation commerciale afin de mettre un terme à ces transferts irresponsables de matériels" 

Menottes à pouces

Parfois, tout se passe de façon transparente. Ainsi, sept sociétés chinoises proposent dans leur catalogue des matraques à pointes métalliques. Selon Amnesty International, ces "outils" ont été utilisés par la police au Cambodge et exportés aux forces de sécurité du Népal et de la Thaïlande.

Une entreprise nommée China Xinxing Import/Export a indiqué en 2012 avoir des relations commerciales avec plus de 40 pays africains. Cette société vend notamment des poucettes (menottes à pouces) et des matraques électriques. Toujours selon l'ONG, de tels instruments équipent des policiers au Ghana, en Egypte, au Sénégal ou à Madagascar.

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