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SINISATION

Chine: l'Etat offre une prime aux mariages mixtes Ouïghours/Hans

Pékin cherche ainsi à accélérer sa politique d'assimilation des 10 millions de Ouïghours – musulmans turcophones – vivant dans la région du Xinjiang. Objectif sinisation.

La région du Xinjiang était autrefois connue sous le nom de Turkestan chinois (Photo: Shutterstock.com)

De l'argent contre un mariage mixte. C'est la solution trouvée par Pékin pour tenter d'apaiser les tensions interethniques dans le Xinjiang, région musulmane du nord-ouest de la Chine. 

Ainsi, dans le district de Qiemo, les unions entre Hans – l'ethnie majoritaire (plus de 92% de la population du pays) – et membres de minorités seront récompensées par une prime annuelle de 10 000 yuans (1 255 euros) pendant cinq ans. Les dépenses de santé de toute la famille et les études des enfants (le couple pourra en avoir deux) seront prises en charge par les autorités.

Sur le papier, le but de ce programme est de développer "l'intégration harmonieuse" de toutes les ethnies, rapporte RFI. En réalité, ce dispositif vise tout particulièrement les Ouïghours, des musulmans sunnites turcophones qui constituent 45% de la population du Xinjiang. Les Ouïghours y voient surtout une tentative "d'assimilation forcée".

Ethnocide

"La Chine espère réussir au Xinjiang ce qu'elle est parvenue à faire en Mongolie, à savoir un ethnocide (destruction de l'identité culturelle d'un groupe), explique à JOL Press Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l'Iris et spécialiste de la Chine. L'objectif est que les Hans deviennent majoritaires et qu'ils aient la mainmise sur l'économie régionale. Les Ouïghours n'auront alors pas d'autre choix que de se fondre dans la masse Han"

"Il existe un véritable apartheid. Les musulmans chinois sont victimes d'ostracisme et de discriminations de la part des Hans", poursuit-il. "La politique répressive de Pékin à l'encontre de la culture et de la religion des Ouïghours contribue à alimenter les tensions au Xinjiang"

Le Xinjiang compte 10 millions de Ouïghours, en partie hostiles à la tutelle de Pékin et dont une frange radicalisée est, selon les autorités, à l'origine "d'attentats terroristes" ces derniers mois.

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