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Damas et la « bataille de l’eau »

Damas, la capitale syrienne est privée d’eau depuis deux semaines. Alors que le régime et l’opposition s’accusent mutuellement, les négociations peinent à avancer.

Nouveau front dans la guerre de Syrie : l’approvisionnement en eau de Damas. Les cinq millions d'habitants de la capitale syrienne et de ses alentours privés d'eau depuis plusieurs semaines, alors que les combats font rage dans la région de Wadi Barada, d'où provient la grande majorité de l'eau qui y est consommée. Les principales stations d'alimentation de la région sont en effet aux mains des rebelles depuis 2012, et ne fonctionnent plus depuis le 23 décembre.

Plus grave encore, le gouvernement syrien accuse les rebelles de les avoir "contaminé au diesel". Les insurgés rétorquent quant à eux que ce sont les bombardements du régime sur cette zone qui ont endommagé les infrastructures, provoquant des fuites de carburant dans les sources d’eau. En effet, la contamination de l’eau a coïncidé avec une vague d’intenses bombardements précédant la vaste offensive du régime pour reprendre cette région montagneuse stratégique, non loin de la frontière avec le Liban.  

"Il y a beaucoup d’allégations. Nous ne savons pas vraiment, car nous n’avons pas pu nous rendre sur place", d’après Jan Egeland, conseiller pour les affaires humanitaires de l’ONU sur la Syrie. SI elle se garde de prendre parti, la communauté internationale souligne qu’en cas d’un envenimement de la crise une détérioration sensible de la situation sanitaire dans la ville – globalement épargnée par les combats. L'ONU a rappelé, le 29 décembre, au début de la bataille des sources, que la privation d'eau imposée aux civils était un considérée comme un "crime de guerre".

Un accord de désengagement de principe a été établi entre des négociateurs russes et des notables de la région ce weekend, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Il prévoit l’entrée d’équipes de maintenance à la source d’Al-Fija, qui alimente Damas en eau potable, pour y réparer les dégâts – ce qui semble valider la théorie des bombardements. Cependant, des affrontements sporadiques ont rendu l’accès impossible aux équipes mandatées par Damas.

Selon l’ONU, les négociations se sont poursuivies, lundi, entre belligérants, pour "permettre la maintenance des infrastructures et parvenir à un accord dans la zone". Cependant, l’opposition dénonce déjà des violations de la trêve. Le président Bachar Al-Assad a d’ailleurs exclu l’idée d’une trêve dans un entretien accordé aux médias français : "Le rôle de l’armée syrienne est de libérer ce secteur afin d’empêcher les terroristes d’user de [l’arme de] l’eau pour faire suffoquer la capitale"

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