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Démantèlement progressif des camps « zadistes » à Notre-Dame-des-Landes

Le projet d’aéroport près de Nantes est abandonné la semaine dernière. En réaction, le démantèlement de la ZAD, organisé par les anti-aéroport, a démarré ce lundi.

Moins d’une semaine après l’abandon de la construction d’une nouvelle zone aéroportuaire à Notre-Dames-des-Landes (Loire-Atlantique), les opposants au projet ont enfin accepté de quitter les lieux. Les "zadistes" (les personnes impliquées dans la protection d'une zone à défendre – ou ZAD) ont annoncé qu'ils commenceraient à libérer ce lundi 22 janvier 2018. Invités par L'Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, un chantier collectif a été lancé pour reboucher les trous et enlever les pneus, épaves de véhicules, barricades en tous genres.

La départementale 281, dite "route des chicanes", surveillée depuis des cabanes et des miradors, était devenue le symbole de la lutte. Elle relie sur plusieurs kilomètres le bourg de La Paquelais à celui de Fay-de-Bretagne, en longeant la commune de Notre-Dame-des-Landes. Même si les GPS l’indiquent toujours, cette route avait été fermée par le conseil départemental, "pour des raisons de sécurit" après l’échec de la première tentative d’évacuation de la ZAD, la fameuse opération César, à l’automne 2012. La presse était interdite sur le site de nettoyage.

D’après Françoise Verchère, leader des opposants, il n’y a pas lieu de s’inquiéter : "C’est une journée importante pour tout le monde. Il y a eu des débats en interne pour la réouverture de la route. Certes, cette route est symbolique mais ce ne sont pas trois chicanes qui sont importantes. C’est la suite" Le "mode d’action occupationnel" aura en tout cas mis en échec le pouvoir. Les derniers irréductibles ont été sommés de quitter les lieux d’ici à la fin de la trêve hivernale, au risque de se voir expulser de force par la police et la gendarmerie.

Le projet du nouvel aéroport du Grand Ouest avait été relancé par Lionel Jospin en octobre 2000. Il a été définitivement ajourné par Emmanuel Macron au profit d’une modernisation et d’un réaménagement de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique. "Cette décision est logique au regard de l’impasse dans laquelle se trouve ce dossier. Cinquante années d’hésitation n’ont jamais fait une évidence", a plaidé le Premier ministre Edouard Philippe. Le gouvernement n’échappera toutefois pas à la critique ; 179 décisions de justice ont statué en faveur de l’utilité publique du projet d’aéroport.

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