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Des voix se lèvent pour défendre l’accord nucléaire avec l’Iran

À quelques jours de la décision de Donald Trump de rester ou de quitter l’accord nucléaire iranien, les voix se multiplient pour le mettre en garde.

La Maison blanche a relancé le débat autour du nucléaire en Iran. Si un accord a bien été signé à Vienne, en juillet 2015 par l’Iran, la Russie, la Chine, l’UE et les Etats-Unis, le président américain Donald Trump a annoncé son intention d’en sortir le 12 mai prochain. Ce faisant, il mettait en œuvre une promesse de campagne, et embrasserait la position affichée par John Bolton, le nouveau conseiller à la sécurité nationale américaine – un homme qui prône une ligne dure vis-à-vis de Téhéran.

L’administration républicaine de l’imprévisible président compte en effet s’appuyer "une diplomatie musclée" afin de provoquer un "changement de régime en Iran" de l’aveu mardi dernier de Rudy Giuliani, avocat et proche du président américain. Pour Washington, il ne faut pas faire confiance à l’Iran – une position qu’à rejoint de manière tonitruante le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu la semaine dernière.

Le président iranien Hassan Rohani a haussé le ton face à cette rhétorique belliqueuse, prévenant qu'il avait un plan en cas de retrait américain. Ce dernier a expliqué que "si les États-Unis quittent l'accord nucléaire, vous verrez bientôt qu'ils le regretteront comme jamais dans l'histoire". Le conseiller du guide suprême Ali Khameini, Ali Akbar Velayati a, de son côté, annoncé que l'Iran envisagerait sérieusement de se retirerait de l'accord dans la foulée des Américains.

Devant la montée de ces tensions, les Européens ont été contraints de jouer les diplomates – la France en premier lieu. Lors de sa récente visite à Washington, Emmanuel avait estimé que "travailler sur un nouvel accord avec l'Iran" était primordial. La position française est d'étendre l'accord actuel à après 2025 (date de sa fin officielle). Selon M Macron, il s’agit de ne pas rouvrir "la boîte de Pandore". "Il pourrait y avoir une guerre", prévient-il.

Paris rappelle que l'Agence internationale de l'énergie atomique garantit la bonne foi des Iraniens, malgré les accusations américaines. Le ministre britannique aux Affaires étrangères britannique, Boris Johnson, a rejoint la position française, estimant dans une tribune publiée ce matin qu’il serait une "erreur de s'éloigner de l'accord nucléaire". "Renoncer à [aux] restrictions [de l’accord] sur son programme nucléaire bénéficierait uniquement à l'Iran", estime-t-il.

Mais dans son propre pays Trump fait face à une opposition croissante. Le parti démocrate dénonce de fait la politique de Tump depuis plusieurs semaines. En outre, des diions apparaissent elles aussi au sein du Grand Old Party. Mac Thornberry, le président de la commission des forces armées de la Chambre des représentants, a ainsi invité le président à "repousser sa décision". "Il faut avoir une idée claire des étapes suivantes si on se retire", a-t-il expliqué à la chaîne Fox News.

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