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Divisions lors du congrès du parti conservateur britannique

Réuni à Manchester, le Parti conservateur a laissé éclater au grand jour lundi ses divisions sur le Brexit. Alors que la Première ministre britannique, Theresa May, fragilisée politiquement, défend sa ligne politique, Boris Johnson, l'enfant terrible de la politique britannique, a tiré à boulets rouges sur la chef de gouvernement.

Les "tories" se retrouvent dimanche 1er octobre à Manchester pour leur grande messe annuelle, sur fond de divisions de chapelle sur la question du Brexit et de remise en question du leadership de Theresa May. Cette dernière est montée au front dimanche pour tenter de reprendre la main sur son parti, mais elle paie le prix fort pour le scrutin législatif anticipé du 8 juin, qui lui a coûté sa majorité absolue au Parlement. "Le résultat n'a pas été celui que nous attendions et j'en suis désolée", a-t-elle une nouvelle fois concédé sur la BBC, juste avant l’ouverture d’une convention marquée par une énorme manifestation pro-européenne et anti-austérité.

Mais la dirigeante pâtit également des longueurs inquiétantes que prennent les premiers rounds de négociations sur la sortie de l’Union européenne sont loin de ne faire que des heureux dans un parti qui abrite un bon nombre de hérauts d'un Brexit "dur". Le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères britannique, Boris Johnson, qui avait déjà attaqué David Cameron lors de la campagne précédent le référendum, a énoncé samedi dans le Sun ses "lignes rouges" sur la sortie de l'UE – prenant de court l’actuelle dirigeante du parti.

"Nous avons quitté (l'UE). Nous avons voté pour ça l'an passé. Il faut aller de l'avant", martèle-t-il dans le tabloïd. Il estime que la période de transition devrait se limiter à deux ans, et "pas une seconde de plus". Plusieurs ministres ont fait entendre ces dernières semaines dans les médias des voix dissonantes sur la question. Publié quelques jours avant un discours majeur de Theresa May sur le sujet, le texte a été perçu par beaucoup comme une provocation. Et ce d’autant qu’en cas d’échec de l’approche modérée de Mme May, l'ex-maire de Londres est cité comme l'un de ses probables successeurs.

Par ailleurs, le congrès s’ouvre alors que l’agence de notation Moody’s vient de rétrograder la note du pays pour cause "d’incertitude économique liée au Brexit" et que le Royaume-Uni enregistre désormais la croissance la plus lente du groupe des G7 (Etats-Unis, Canada, France, Allemagne, Japon et Italie). Il y a un an, le pays occupait la tête de ce classement.

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