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EI, SYRIE

Djihad : la mère d'un ado attaque l'État

La mère d'un adolescent de 16 ans parti en Syrie porte plainte contre le ministère de l'Intérieur. Selon elle, son fils mineur n'aurait jamais dû être autorisé à passer la frontière seul, avec comme unique papier, sa carte d'identité.

Silhouettes de plusieurs djihadistes (Crédit : Oleg Zabielin/Shutterstock)

Rien n'est illégal. Et pourtant, Nadine D., mère d'un garçon parti en Syrie, porte plainte contre le ministère de l'Intérieur. Il y a un an, son fils de 16 ans s'est envolé en direction de la Turquie. Il aurait ensuite rejoint la frontière syrienne pour soi-disant "faire de l'humanitaire". Mineur et non accompagné, sa seule carte d'identité lui a permis de partir. "La police aurait au moins dû s'inquiéter en voyant un mineur seul rejoindre cette destination", déclare Nadine D. dans une interview publiée par Le Parisien, lundi 8 décembre.

Les faits

Issu d'une famille catholique, le jeune homme se serait converti à l'Islam, un an avant son départ. Hormis le fait de ne plus vouloir manger de porc, rien n'a alerté la mère sur la radicalisation de son fils. Le jour de son départ, le garçon s'en est allé sans le moindre sac, prétextant qu'il allait dormir chez un ami. C'est seulement le lendemain, lorsqu'il ne répondait plus à son téléphone, que sa mère a commencé à s'inquiéter.

Elle a appris la nouvelle par d'autres mamans du quartier. Il était parti en Turquie avec deux ou trois autres copains, afin de gagner la Syrie. La nuit suivante, la Nadine D. a reçu un appel de son fils, en pleurs : "Maman, pardonne-moi, je suis en Turquie et je pars en Syrie pour faire de l'humanitaire".

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Départ en toute légalité

La loi autorise un mineur non accompagné à partir en Turquie. Ce pays ne fait pourtant pas partie de l'espace Schengen. Néanmoins candidate à l'adhésion à l'Union européenne depuis 1987, la Turquie a depuis développé des liens avec la vieille Europe. De plus, depuis janvier 2013, les mineurs souhaitant quitter la France n'ont plus besoin de présenter une autorisation de sortie de territoire. Ce document était jusque-là obligatoire. Les parents devaient aller le chercher en mairie. La suppression de cette procédure s'est accompagnée d'un renforcement de la surveillance aux frontières. Les noms des mineurs en fugue ou susceptibles d'avoir été enlevés par l'un de leurs parents sont à ce jour systématiquement transmis aux policiers des frontières.

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Dans le cas du jeune homme, la mère n'ayant fait aucun signalement, "les services de police à la frontière n'avaient aucune raison de l'empêcher de voyager", répond aujourd'hui le ministère de l'Intérieur.

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