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REVUE DES MÉDIAS

Élections en Tunisie: que dit la presse au Maghreb ?

Si les résultats officiels sont encore attendus, les enquêtes d’opinion, publiées malgré l’interdiction de l’instance électorale, confirment que Beji Caïd Essebsi et Moncef Marzouki, les deux principaux candidats, arrivent en tête de l’élection présidentielle tunisienne. Une élection très commentée dans la presse.

Pour la deuxième fois de suite et en moins d’un mois, les Tunisiens se sont rendus aux urnes pour décider de leur destin - shutterstock.com

Les sondages d’opinion révèlent que Beji Caïd Essebsi et Moncef Marzouki s’affronteront lors du second tour qui aura lieu au plus tard le 28 décembre prochain. Pour le quotidien algérien El Watan, "la surprise n’a pas eu lieu, ni d’un côté ni de l’autre". "Béji Caïd Essebsi n’est donc pas parvenu à obtenir les 50 % nécessaires pour s’installer au palais de Carthage, à l’issue du premier tour des élections présidentielles", commente le journal. "Le soutien des islamistes d’Ennahdha à Marzouki, d’une part, et le nombre élevé des candidatures, d’autre part, ont fait que la barre des 50% était difficile à atteindre"

Première élection libre

Pour le journal Le Temps, au-delà des résultats, ce qui compte vraiment dans cette élection c’est "le processus électoral atteint" : "Presqu’un mois après la tenue des élections législatives avec les résultats que tout le monde connaît, les Tunisiens se lèvent aujourd’hui, aujourd’hui, afin d’exercer leur droit de choisir celui qui occupera le fauteuil de président de la République"

Faouzi Ksibi écrit même : "Le Tunisien a montré au monde entier qu’il est moderniste, qu’il appartient bel et bien à son époque, qu’il est imprégné des valeurs qu’elle véhicule et qu’il mérite, amplement, d’être traité comme un citoyen à part entière et non pas comme sujet, aliéné et exclu de la vie publique et politique. En fait, cette conscience enflammée qui ne cesse d’étonner tous les observateurs étrangers n’est pas venue du néant, elle était là au temps de l’ancienne dictature".Et d’ajouter : "Cette flamme enthousiaste couvait dans les cœurs et les yeux, on la voyait bien et on la sentait bien, et c’est justement elle qui a embrasé le pays pendant les journées révolutionnaires et précipité la destitution du despotisme"

La victoire de Beji Caïd Essebsi pas garantie

Pour le portail d'information de Tunisie, Kapitalis, la victoire du candidat de Nida Tounes, Beji Caïd Essebsi, n'est pas entièrement garantie. Se basant sur les résultats des trois instituts de sondages (Sigma Conseil, Emrhod Consulting et 3C Etudes) qui ont publié leurs résultats "la partie sera serrée entre BCE et Moncef Marzouki, et nul ne sera capable d'affirmer avec certitude qui sera le locataire du Palais de Carthage pour les cinq prochaines années". 

"Les 5,2 points de pourcentage supplémentaires dont BCE a besoin pour obtenir un mandat présidentiel seront peut-être difficiles à récolter, si M. Hamma Hammami refuse de soutenir franchement et publiquement le candidat de Nida Tounes", ajoute Kapitalis. "Les 20% qui manquent à Moncef Marzouki pour prolonger de 5 autres années son bail au Palais de Carthage seront, eux aussi, inatteignables, si MM. Riahi et El-Hamdi ne s'engagent pas clairement et officiellement à ses côtés et qu'Ennahdha ne mobilise pas sans détour ses troupes en faveur de son allié Cpriste"

Ennahda, arbitre de la partie ?

Pour Business News, "une donnée de taille reste mise sur le tapis : la position que prendra Ennahda" : "Aujourd'hui, son secrétaire général Ali Larayedh a clairement dit qu'Ennahda reconsidérera sa position en cas de deuxième tour. A qui le parti de Rached Ghannouchi accordera-t-il sa précieuse consigne de vote ? Soutiendra-t-il Moncef Marzouki ou se désistera-t-il en faveur de Béji Caïd Essebsi" Et d’ajouter : "En attendant, les deux candidats renforceront leurs plans d'attaque et davantage de tensions politiques est à craindre durant ce dernier mois qui nous sépare de la désignation du premier président tunisien démocratiquement élu".

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