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Emmanuel Macron à Athènes : un appel au renouveau européen

Dans un discours solennel sur colline de la Pnyx, Emmanuel Macron a lancé jeudi à Athènes un appel à « refonder l'Europe » autour de « la souveraineté, la démocratie, la confiance ».

En visite officielle de deux jours en Grèce, Emmanuel Macron, a prononcé un discours très lyrique sur sa vision de l’avenir européen à Athènes jeudi 7 septembre 2017. Il a mis en scène son adresse depuis, la colline de la Pnyx, avec pour toile de fond l'Acropole. Dans l’Antiquité, elle était utilisée pour accueillir l’Assemblée des citoyens d’Athènes – un choix symbolique pour ce président qu’on sait féru d’histoire classique. "Là où est née la démocratie européenne, là où le cœur même de notre ambition européenne s'est déploy", expliquait Emmanuel Macron peu avant son discours.

"Ces lieux nous questionnent. Puisque c'est ici que fut inventée la forme moderne de l'État (…), nous devons nous demander sans complaisance : qu'avons-nous fait, nous Européens, de notre souverainet", a commencé Emmanuel Macron. Une ouverture qui donne le ton de son discours : pour le chef d’état, il s’agit de revoir les fondements même de L’union européenne. Pas de surprise, dans une conférence de presse avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, le président de la République appelé déjà à "sortir d'une décennie de tâtonnements".

"Aujourd’hui la souveraineté, la démocratie, la confiance sont en danger", a-t-déploré, évoquant le populisme, l'euroscepticisme, le souverainisme. Aussi, pour Emmanuel Macron, il faut "dès les prochaines semaines" présenter "une feuille de route" de propositions concrètes - on connaît quelques-unes de ses idées : l'instauration d'un Parlement de la zone euro, d'un ministre des finances commun, le renforcement de l’exécutif européen, le renforcement de la défense de l’Union…  Le chef de l'Etat entend ainsi débarrasser l'Europe de sa gangue technocratique.

Autre objectif pour l’UE : l’éloigner du FMI. "Sur le principe, ce n'était pas une bonne méthode que le FMI soit en position de superviser des affaires européennes", a-t-il lancé. "Avec la crise grecque, l'Europe a abandonné un peu de sa souverainet" a-t-il déploré. Il a fustigé des "méthodes technocratiques parfois lunaires" et "les sacrifices consentis" par la République Hellène.  Il est temps, a souligné le chef de l'Etat de "revenir à un peu de confiance et d'esprit pratique".

Venu plaider pour une refondation de l’Union européenne et pour inciter les entreprises françaises à investir en Grèce, Emmanuel Macron aura aussi profité de sa visite pour une prise de position forte sur l’avenir européen – et ce quelques heures avant de s’envoler pour Evian, où il était attendu vendredi soir pour les 26es rencontres franco-allemandes.

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