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G20 : l’administration Trump rompt le consensus

Les ministres des Finances du G20 se réunissent vendredi 17 mars et samedi 18 à Baden-Baden, en Allemagne – une rencontre au cours de laquelle le secrétaire d'Etat au Trésor américain, Steven Mnuchin s’est opposé aux traditionnels engagements en faveur du libre-échange et du multilatéralisme, ainsi que la lutte contre le changement climatique.

Vendredi 17 et samedi 18 mars, l’Allemagne accueillait les Ministres de finances de 20 premières puissances économiques mondiales à Baden-Baden. Lors de cette réunion, les membres du G20 – les 19 pays les plus riches de la planète, plus l’Union européenne – devaient relancer la gouvernance mondiale. Cette première réunion était en effet depuis l’élection du nouveau Président américain Donald Trump, et la mise en œuvre de sa dialectique protectionniste, dans un groupe résolument libre-échangiste. A l'issue de deux jours de réunion, si Washington n'a pas rompu avec le G20, d'importantes divergences ont été confirmées.

"Les discussions ont fait apparaître sur deux points un désaccord ; non pas un désaccord du G20, mais un désaccord entre un pays et tous les autres", a regretté le ministre français des Finances Michel Sapin. Ainsi, Steven Mnuchin a estimé que la formulation des précédents communiqués du G20 condamnant le protectionnisme n'était pas "pertinente". Le ministre américain a par ailleurs appelé à renégocier les accords de l’Organisation mondiale du commerce. "Nous pensons que certaines parties de l’OMC ne sont pas appliquées, et nous allons tenter avec pugnacité de les faire appliquer dans l’intérêt des travailleurs américains", a déclaré M. Mnuchin. Pour rappel, ces accords ont été signés en 1994 et sont entrés en vigueur en 1995.

Autre point de discorde : l’Accord de Paris de 2015 sur le changement climatique. Depuis l’investiture, l’administration a multiplié les annonces et les mesures climato-sceptiques, alors que jusque-là, la lutte contre le changement climatique avait été un point d’accord du groupe. Le projet de budget américain sabre notamment les fonds alloués à la lutte contre le réchauffement. Sur ce point, M. Mnuchin a évoqué un problème de compétence plutôt qu'une volonté politique : "Ce n'est pas mon domaine. L'administration (américaine) aura son opinion sur le sujet". Il n’en demeure pas moins que le G20 n’a pas fait mention de l'accord de Paris, qui figurait dans les précédents communiqués.

Une rencontre, cette fois des chefs d’état directement, est programmée à Hambourg, au mois de juillet. Il est fort à parier qu’elle s’accompagnera de son lot de tensions. Les Européens espèrent convaincre Donald Trump d'assouplir sa position d'ici au sommet.

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