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Glyphosate : des divisions au sein du gouvernement ?

Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement a renouvelé lundi 25 septembre son intention de réduire l’utilisation agricole de l’herbicide controversé de la multinationale Monsanto. Si ce dernier a promis des « progrès significatifs », le Premier ministre Edouard Philippe, de son côté, a demandé un rapport sur « les conditions d'un plan de sortie » du glyphosate. Un premier désaccord dans l’équipe gouvernementale ?

Lundi matin, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner s’est rendu dans les studios de sur BFM-RMC afin de clarifier les mesures que le gouvernement comptait prendre contre tous les pesticides d’ici la fin du quinquennat. En filigrane c’est principalement le très controversé glyphosate qui est visé par ces mesures. "Le premier ministre a (...) arbitré pour faire en sorte que ce produit soit interdit en France, ainsi que tous ceux qui lui ressemblent et qui menacent la santé des Français, d'ici la fin du quinquennat", soit 2022, a-t-il déclaré au micro de Jean-Jacques Bourdin. Cependant, en milieu de journée, il est revenu sur cette annonce, expliquant que le gouvernement "s'engageait à des progrès significatifs" d'ici 2022, pour tous les pesticides dont le glyphosate.

M Castaner a spécifié que "l'objectif [était] qu'on puisse trouver des produits de substitution d'ici la fin du quinquennat". Une position qui tranche franchement avec les annonces faites à ce sujet – en particulier par le Ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot et le Premier ministre, qui avait bien demandé aux ministères de l’agriculture et de la transition écologique de lui présenter "les conditions d’un plan de sortie" de l’herbicide "avant la fin de l’année (…) compte tenu des incertitudes qui subsistent sur ce produit". Le premier arguait quant à lui que "la justice et l’histoire nous rattraperont si rien n’est fait pour remédier au problème" et plaidant "pour une sortie la plus rapide possible des produits les plus dangereux".

Cette annonce a immédiatement déclenché une très vive réaction du principal syndicat agricole FNSEA. "Si la Commission européenne dit oui, il est hors de question que la France impose des règles plus strictes, a déclaré Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. Un vote européen sur le renouvellement de l’autorisation du produit chimique est en effet prévu en octobre. À l’été 2016, la Commission européenne avait accordé une prolongation d’utilisation de 18 mois du produit. La Commission, dans une décision très controversée, a proposé de renouveler pour 10 ans la licence d'exploitation du glyphosate dans l'Union Européenne. Cette proposition s’appuie sur un rapport pas moins contesté de l’agence européenne de sécurité des aliments.

Seul hic : elle aurait directement copié – au mot près – une centaine de pages d’un document de Monsanto dans son rapport. Ce document avait été déposé en 2012 par Monsanto au nom de la "Glyphosate Task Force", un consortium de plus d’une vingtaine d’entreprises commercialisant des produits à base de glyphosate en Europe. 

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