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Grande Bretagne : un accord de gouvernement signé entre le DUP et Theresa May

La Première ministre britannique a signé un accord de gouvernement avec le parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP. Cette union va permettre au Labour, de plus en plus isolé, de reprendre les rênes du pays, après avoir perdu la majorité absolue au Parlement à l'issue des législatives anticipées.

 "Aujourd'hui nous avons conclu un accord avec le parti conservateur pour soutenir le gouvernement au parlement", a annoncé la cheffe du parti unioniste DUP Arlene Foster, sur le parvis de Downing Street.  Un accord qui devrait permettre "nos nations d'avancer pour faire face aux défis qui se profilent" a-t-elle ajouté. La présidente du parti réactionnaire avait en effet de quoi s’enthousiasmer. Déjà, cette union lui donne une visibilité sans précédent. De plus, elle a obtenu de la dirigeante britannique l’octroi d’un milliard de livres (1,1 milliard d'euros) pour l’Irlande du nord au cours des deux prochaines années.  Cet argent va "stimuler l'économie et l'investissement dans de nouvelles infrastructures ainsi que dans l'avenir de nos secteurs de la santé et de l'éducation", a-t-elle détaillé.

La victoire plus sobre pour Londres : Theresa May s'est "félicitée de cet accord qui va nous permettre de travailler ensemble dans l'intérêt de l'ensemble du Royaume-Uni et nous donner la certitude dont nous avons besoin alors que nous lançons notre sortie de l'Union européenne". Et pour cause. Cette alliance n’était pas du tout du goût de la dirigeante, qui pensait ressortir renforcée des législatives anticipées qu’elle avait convoquée trois semaines plus tôt. Elle y aura en définitive perdu des sièges – ainsi que sa majorité absolue. C’est donc une alliance contrainte qui s’est opérée avec le DUP, dont les dix élus lui permettent d'atteindre les 326 sièges requis pour retrouver une majorité absolue à la chambre des Communes.

Les conservateurs peuvent cependant maintenant envisager sereinement le vote de confiance de leur programme prévu ce jeudi. Ils n’en sortent pas moins isolés pour autant. Déjà, l'alliance avec le petit parti ultra-conservateur, opposé au mariage homosexuel et à l'avortement, qui met en doute le changement climatique, ne fait pas l’unanimité chez les tories. De plus, le Premier ministre gallois Carwyn Jones a fustigé un accord "scandaleux" qui "tue le financement équitable des nations et régions" du Royaume-Uni. Même son de cloche au parti indépendantiste écossais SNP, qui estime que "les aspects financiers de cet accord résument la façon dont les conservateurs se soucient peu de l'Ecosse".

Mais la réaction la plus défavorable à cet accord vient de l’Irlande du nord elle-même. Michelle O'Neill, la dirigeante du Sinn Fein, formation historique des nationalistes catholiques nord- qui milite pour la réunification de l’Irlande, a elle mit en garde contre une alliance qui "saperait l'accord du Vendredi saint" - le texte qui avait permis d’en finir après 30 as de violences dans la contrée, en 1998.

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