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Israël : les ultra-orthodoxes ne seront bientôt plus exemptés de service militaire

La Cour suprême d'Israël a annulé mardi soir la loi instituant l'exemption des étudiants juifs ultra-orthodoxes du service militaire obligatoire.

La Cour suprême israélienne a annulé mardi 12 septembre un amendement à la loi Tal adopté en 2002 qui exemptait une partie de la population du service militaire obligatoire. La loi stipule en effet que chaque jeune Israélien a une obligation de conscription – de deux ans et huit mois pour les hommes et de deux ans pour les femmes – à l’exception des ultra-orthodoxes, qui refusent toute activité pour traditionnellement se vouer à l’étude de la Torah et du Talmud à plein temps.

Cette abrogation a été décidée par un groupe constitué de neufs juges, dirigé par la présidente de la Cour suprême, Miriam Naor. Selon la décision de la haute juridiction, cette loi était créatrice d’une injustice pari les citoyens du pays, créant de fait une situation "plus favorable" aux étudiants en religion – une communauté représente environ 10% de la population Aussi, les juges ont estimé qu'elle "violit le principe de l'égalit".

"La majorité des juges [8 sur 9] a statué que l'annulation [de l'amendement] prendrait effet seulement un an après la date du jugement", a précisé l’instance suprême. CE délai est censé donner le temps à la classe politique de trouver un compromis acceptable à la fois pour la cour, l’armée et les partis ultra-orthodoxes, dont le soutien est crucial au gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

Pour rappel, en 2012, une première modification avait limité les exemptions, forçant une large proportion des étudiants religieux rejoindre les rangs de Tsahal à 18 ans. Cette modification de la loi avait déjà, à l’époque, rencontré une forte opposition de la part de la communauté orthodoxe.  Ces derniers sont parfois enrôlés de force, ce qui engendre des tensions, et l’arrestation de haredims refusant de rejoindre Tsahal.

Depuis qu’un bras de fer opposer les religieux aux politiques, les premiers font valoir que le gouvernement israélien laïc est "illégitime". Ils refusent notamment la conscription car ils la considèrent comme une source de tentations pour leurs jeunes, hors du monde de la prière et de l'étude talmudique.  Refusant également tout emploi, les haredims vivent principalement des subventions de l’État – une situation très critiquée par le reste de la population israélienne.

La requête d’abrogation a été portée par le Mouvement pour la qualité du gouvernement ainsi qu’un grand groupe de pétitionnaires. Elle a été immédiatement applaudie par la députée de l’Union sioniste, Tzipi Livni sur twitter : "Service militaire, national, civique pour tous, sans exception ni entourloupe. Vous pouvez très bien préserver votre monde des yeshivas [centre d'étude religieux ultra-orthodoxe] sans imposer vos exemptions à tous"

Le son de cloche est bien différent du côté des haredims : "C'est un jugement lamentable", a déclaré Menahem Eliezer Moses, du parti Judaïsme unifié de la Torah. "La cour suprême est totalement déconnectée de nos traditions. Nous agirons de toutes nos forces pour amender la loi et permettre la poursuite de l'arrangement actuel" a écrit sur twitter Ministre de l'Intérieur Arié Dery, du parti religieux conservateur Shass.

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