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Joseph Kabila s’accroche au pouvoir après la fin de son mandat

Au lendemain de la fin de son second mandat, le Président de RDC, Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, annonce un nouveau gouvernement. L’opposition réclame la tenue d’élections, mais elles sont perpétuellement repoussées par le chef de l’Etat. Une période de turbulence est à prévoir dans le pays, déjà sujet à de fortes tensions.

Le président de la République démocratique du Congo a annoncé un nouveau gouvernement lundi soir, quelques minutes avant minuit et la fin officielle de mandat son second mandat. Il aurait dû être alors remplacé par son successeur, mais aucun candidat n’a pu être désigné, faute d’élection. Au pouvoir depuis 2001, le président Joseph Kabila a achevé hier son mandat officiel. Son camp, de fait, manœuvre depuis des mois pour le maintenir en poste, alors même que la Constitution ne lui permet pas de briguer un nouveau mandat.

Le 8 décembre, une médiation de la dernière chance avait été lancée par l’Eglise catholique congolaise. Malgré une protestation de plus en plus vive e RDC, et la violence de la répression des manifestations qui éclosent un peu partout dans les grandes villes du pays, la Conférence épiscopale du Congo avait convaincu les ténors de l'opposition de s'assoir à la même table que la majorité, dans des négociations de la dernière chance. Les négociations qui devaient initialement se terminer le jeudi 15 décembre, mais le clan Kabila a joué les prolongations.

L’opposition est aux abois depuis plusieurs mois, malgré un accord de transition proposé par le régime : mi-octobre, le pouvoir avait proposé un accord prévoyant une présidentielle pour avril 2018. Un compromis loin de faire l'unanimité, et ayant été boudé par les grande majorité des mouvements d'opposition. Ils exigeaient le départ immédiat de Joseph Kabila après le 19 décembre, et estimaient que la durée de la transition préélectorale était bien trop longue – près d’un an et demi, alors que les élections devaient se tenir il y a plusieurs mois déjà.

Désormais, la véritable inconnue est la réaction de la rue dans les grandes villes du pays – Goma, Lubumbashi et surtout Kinshasa. "Personne ne contrôle la foule", explique un diplomate en poste dans a capitale congolaise. L’un des leaders de l’opposition, en exil du fait d’un obscure affaire immobilière, a d’ores et déjà mis en garde : il est hors de question "qu’on tue des gens dont le seul crime est d’appeler au respect de la Constitution". Il poursuit : "La seule chose que je demande, c’est que le président Kabila ne sème pas le chaos".

Devant son acharnement à rester au pouvoir, les Etats-Unis et l’Union européenne ont adopté des sanctions à l’encontre de plusieurs hauts dignitaires du régime Kabila – un sorte de tir de semonce contre le résident et ses proches. Ils réagissent aussi à la violence démesurée de la répression des manifestations appelant au départ de Kabila : le 19 septembre déjà, 53 des manifestants mobilisés par l’opposition avaient été tués, selon les Nations unies. Et de cas de violence similaires se sont reproduits régulièrement depuis.

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