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La Commission européenne s'apprête à infliger une amende record à Google

La Commission européenne s'apprête à infliger mercredi à Google une nouvelle amende de plusieurs milliards d'euros. Elle reproche au géant américain d'avoir abusé de la position dominante de son système d'exploitation pour smartphone Android. Une condamnation qui fait écho à l’amande de 2,42 milliards d'euros imposées fin juin, et qui pourrait donner lieu à d’autres sanctions.

Mardi dans la soirée, la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, a prévenu le numéro un de Google, Sundar Pichai, que sa société ferait l’objet d’une amende record pour avoir privilégié ses propres applications, et avant tout son service de recherche en ligne, sur Android – le système d'exploitation utilisé pour 80% des appareils en Europe et dans le monde. Elle devrait être assortie d'une injonction à changer de comportement dans un délai de 90 jours. Bruxelles peut en effet pénaliser une entreprise qui viole les règles de concurrence sur son territoire à hauteur de 10% du chiffre d'affaires global de l'entreprise (94,7 milliards d'euros en 2017).

La Commission accuse Alphabet (maison mère de Google) d'avoir empêché les fabricants de téléphones avec qui elle est engagée de vendre des smartphones fonctionnant sous des systèmes d'exploitation concurrents. En outre, le géant du web aurait accordé à certains fabricants des incitations financières contre une exclusivité de l’application Google Search sur leurs appareils. Le 27 juin 2017, Bruxelles avait déjà demandé à la multinationale américaine de payer 2,42 milliards d'euros pour avoir abusé de sa position dominante dans la recherche en ligne en favorisant son comparateur de prix Google Shopping, au détriment de services concurrents.

Google est aussi sous le feu des critiques pour l’usage de sa régie publicitaire, accusée de favoriser ses produits sur les offres concurrentes. Depuis le 14 juillet 2016, Bruxelles se penche sur la question, et semble indiquer que le géant américain a bel et bien – une fois n’est pas coutume – abusé de sa position dominante avec AdSense (80% du marché en Europe) en limitant artificiellement la possibilité pour les sites web tiers d'afficher les publicités contextuelles émanant de concurrents. Une accusation qui, si elle est confirmée, pourrait donner lieu à une troisième sanction historique.

Cette nouvelle sanction économique intervient dans contexte particulièrement tendu entre l'Union européenne et les Etats-Unis. Entre le forcing de Washington contre l’Iran, les menaces de Donald Trump concernant le budget de l’Otan, ses provocations autour du Brexit et les sanctions prises par Washington contre les métaux européens afin de désamorcer le déficit commercial américain – immédiatement suivies d’une riposte européenne – les sujets de tension ne manquent pas.

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