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La Française Mélina Boughedir condamnée pour son appartenance à l'État islamique

La Française Mélina Boughedir a été condamnée à 20 ans de prison ce dimanche par la justice irakienne pour appartenance au groupe djihadiste Etat islamique.

Mélina Boughedir, une mère de famille française partie vivre en Irak, a été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité – soit 20 ans de prison – par la Cour pénale centrale de Bagdad. Cette femme de 27 ans, qui avait quitté la région parisienne en 2015 avec son mari et ses quatre enfants pour rejoindre la Turquie, la Syrie puis l'Irak. Elle avait été arrêtée en juillet 2017 à Mossoul, lors de la chute de l’organisation terroriste Etat Islamique (EI).

En février dernier, Mélina Boughedir a été jugée pour "entrée illégale sur le territoire" et a écopé de sept mois de prison. Mais le parquet irakien fait appel de cette décision et réclame qu’elle soit rejugée pour "terrorisme". La Française a alors été maintenue en détention avec une trentaine de femmes étrangères et leurs enfants, en attendant la décision de la cour irakienne.  Elle encourait la peine de mort.

"Je suis innocente" a-t-elle réagi. "Mon mari m’a dupée et ensuite, il a menacé de partir avec les enfants" avance celle qui affirme être "contre les idées de l’Etat islamique". Son avocat irakien avait plaidé pour "l’acquittement de toutes les charges" pour ces motifs. Des affirmations qui n'ont pas convaincu le président de la Cour qui a estimé que "venir sciemment dans un territoire sous le contrôle de Daech est une preuve de culpabilit".

Une version qui ne semble pas non plus avoir convaincu le gouvernement français. Jeudi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait décrite Mélina Boughedir comme une "terroriste de Daech qui a combattu contre l’Irak". "La France continuera de respecter la souveraineté des juridictions irakiennes et le déroulement indépendant des procédures judiciaires", a déclaré le ministre.

La secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement et délégué général de La République en marche a réagi à ce verdict en rappelant que la France n’avait "pas vocation à se substituer à la justice" irakienne. "Excusez-moi de ne pas regarder avec des yeux attendris celles et ceux qui ont choisi de quitter la France pour s'engager dans des comportements terroristes et pour menacer la France", a-t-il ajouté.

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