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La victoire de Benoît Hamon aux primaires de la gauche lance la course présidentielle

Au terme du second tour de la primaire de la gauche, qui a vu la participation dépasser la barre des 2 millions de bulletins, le Premier ministre sortant a été sorti, au profit de Benoît Hamon, qui s’impose avec 59% des voix. Sa victoire consacre l’entrée dans la phase d’alliances et de pronostics pour la présidentielle de mai 2017.

Benoît Hamon s’est imposé dans les primaires socialistes, dans une victoire éclatante – 58,72 % des suffrages contre 41,28 % pour l’ancien Premier ministre Manuel Valls. Ce dernier fait le plein de voix en outre-mer (Nouvelle-Calédonie et Guadeloupe), mais cela n’a pas suffi pour lui donner l’avantage. Cette victoire devrait l’assoir d’autant plus confortablement à la tête de sa famille hausse de la participation a connu une hausse de l’ordre de 21,75 %. Cet ex-outsider, qui avait démissionné du gouvernement sous le quinquennat de François Hollade pour rejoindre le camp de frondeurs, a pu compter sur les soutiens de Montebourg et de Martine Aubry.

Ce second tour semble lui-aussi avoir été marqué par des incohérences. Dans la soirée de dimanche, des journalistes ont observé un décalage entre la mise à jour de la participation : alors que les chiffres passaient de 5639 à 7023 bureaux de vote dépouillés, la participation n'a augmenté que de 11797 électeurs. Rachid Temal, co-organisateur de la primaire a écarté les critiques : "Il y a des résultats qui remontent, PV par PV, bureau de vote par bureau de vote. Un système de contrôle et de validation est alors fait par la Haute autorit". Pour lui, il n’est pas question de parler de cafouillage : "Il y a toujours des décalages parce que certaines personnes sont inscrites ailleurs, c’est à la marge… Il y a eu deux millions de votants, la primaire est un succès".

Désormais vainqueur incontesté, Benoît Hamon va devoir s’efforcer de rassembler son camp pour la présidentielle – les supporters des deux derniers candidats en lice ont clairement fait preuve d’hostilité envers l’autre camp, et ce jusqu’à l’annonce des résultats. Au-delà de sa simple faille politique, Hamon a tendu la perche à l’écologiste Yannick Jadot et au candidat de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon pour former une alliance susceptible d’accéder au second tour de la présidentielle. Un sondage Kantar-Sofres-Onepoint pour Le Figaro, RTL et LCI datant des 26 et 27 février donne en effetpeu d’espoir à une gauche divisée : selon cette étude, Marine Le Pen arriverait en tête du premier tour (25%), devant François Fillon (21%) et Emmanuel Macron (20%).

Benoît Hamon est lui crédité de 13% des intentions de vote – juste devant M Mélenchon, qui aurait 10%. Interrogés sur leur détermination dans leur choix de candidat, les sympathisants de gauche ont nanmoins laissé la porte ouverte à ce que les lignes bougent : les électeurs de Marine Le Pen sont les plus sûrs de leur choix au premier tour (78%), devant ceux de François Fillon (61%), de Jean-Luc Mélenchon (56%), de Benoît Hamon (46%) et d'Emmanuel Macron (41%). Avec les nouvelles révélations embarrassantes de l’affaire du "Penelopegate", il est possible que François Fillon connaisse également une perte de vitesse substantielle dans les semaines à venir. Ce dernier s’est dit "choqu" par les accusations, mais a néanmoins refusé de les démentir.

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