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Le commerce extérieur chinois continue de dégringoler

Le commerce extérieur de la Chine a continué de se dégrader en juillet. Les douanes de la deuxième économie mondiale annoncent que l'excédent commercial de la Chine a baissé de 10% au mois de juillet après avoir baissé de 7% au premier semestre. Les économistes ne s'attendent à aucune amélioration d'ici la fin de l'année.

Le Dragon perdrait-il de son souffle? Selon les statistiques publiées, samedi 8 août, par les douanes chinoises, les exportations de la deuxième économie mondiale ont reculé de 8,3% par rapport à juillet 2014 à 195,10 milliards de dollars, tandis que les importations ont chuté de 8,1% à 152,07 milliards de dollars. La Chine a donc engrangé un excédent commercial de 43,03 milliards de dollars, ont poursuivi les douanes sans donner de chiffre comparatif. Mais l’administration des Douanes a précisé qu’exprimé en yuans, l’excédent commercial mensuel avait diminué de 10%. Ces chiffres attestent de la baisse du coût des matières premières, mais aussi de la morosité de sa propre demande.

Alors que la demande mondiale ralentit et que les cours des matières premières restent déprimés, il est "improbable" que le commerce extérieur de la Chine se redresse de manière significative d’ici la fin de l’année, d'après les experts. La faiblesse du marché intérieur accentue la pression sur Pékin, appelé à faire davantage pour stimuler l’économie après déjà quatre baisses des taux directeurs de la Banque centrale depuis le mois de novembre 2014, accompagnées d’une série de mesures de relance par l’investissement dans les infrastructures. La demande ne s’est pas stabilisée pour l’heure, comme l’illustrent les prix au sortir des usines et mines du pays, qui chutent de 5,4 % sur un an, un plus bas depuis octobre 2009 après quarante et un mois de déclin.

Le commerce extérieur a ainsi chuté de 7 % sur l’ensemble du premier semestre de 2015 sous l’effet notamment d’une demande extérieure sans élan et d’un yuan plus cher. La forte appréciation du yuan, qui rend les marchandises chinoises plus chères à l’étranger, a nui aux exportations. "Le yuan a été plus fort que l'euro, et cela a entravé les exportations chinoises en Europe", a indiqué Li Miaoxian, économiste chez Bocom Internationl Holdings à Pékin, à Bloomberg News. L’an dernier, la croissance chinoise a ralenti en s’établissant à 7,4 %, sa plus faible performance depuis 1990. Et cette année, la croissance s’est établie à 7 % tant au premier qu’au deuxième trimestre. Pour toute l’année 2015, Le Céleste Empire s’est fixé un objectif de croissance annuelle d’environ 7 %, ce qui atteste d'un réalisme certain autant que d'une certaine résignation.

"Les exportations chinoises vont continuer à faire face à de forts vents contraires", a soulignéle ANZ Banking Group - une banque d'investissement. Pour Julia Wang, économiste de la banque HSBC à Hongkong, ces données mettent en évidence les défis auxquels est exposé le commerce extérieur chinois et la réaction qu’elles imposeront aux autorités : "Nous anticipons une croissance restant davantage tirée par la demande intérieure au cours du second semestre. Nous prévoyons davantage d’assouplissement monétaire et fiscal sur les mois qui viennent." La banque centrale de Chine (PBOC) a annoncé la réduction de ses taux d'intérêt et l'abaissement des ratios de réserves obligatoires de certaines banques, dans l'espoir de conforter le crédit et l'activité. Elle avait déjà par trois fois depuis novembre 2014 réduit ses taux d'intérêt et abaissé les ratios de réserves obligatoires, tout en intensifiant ses injections de liquidités.

Alors que les dirigeants chinois se penchent actuellement sur la rédaction du treizième plan quinquennal, qui donnera les grandes orientations du pays de 2016 à 2020, l’économie chinoise traverse une difficile phase d’adaptation du fait de l'absence d’une ligne directrice afin d’accompagner ce changement. L’industrie lourde, pilier historique, est également en plein marasme. La crise qu’a traversée le marché immobilier chinois et le ralentissement du PIB ont placé les hauts-fourneaux dans l’impasse. Les officiels locaux doivent à tout prix maintenir le niveau de l’emploi, tout en faisant fermer les centrales au charbon et usines de sidérurgie trop polluantes, à l’heure où la qualité de l’air est devenue une préoccupation majeure.

 

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