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L’Institut Montaigne livre ses recommandations dans un rapport sur les musulmans en France

Une étude sur les musulmans de France (Français et étrangers) de l'Institut Montaigne tente de faire l’état des lieux de l’Islam en France. Il soumet ses conclusions, instructives à bien des égards.

En se fondant sur une étude sans précédent - l’IFOP a interrogé plus de 15 000 personnes représentatives de la population générale - l’Institut Montaigne a produit le rapport "Un islam français est possible". Pour l'auteur du rapport, Hakim El Karoui, ex-banquier, et ex-président de l'Institut des cultures d'islam, le système mis en place en 2003 avec la création du CFCM a montré ses limites. Il n’est pas adapté aux nouveaux enjeux de la radicalisation. Bernard Godard, ancien membre du bureau des cultes au ministère de l’intérieur a salué une étude qui "nuance la vision binaire souvent mise en avant" et montre "qu’il existe une zone intermédiaire de gens modernes, intégrés".

Le rapport reprend de prime abord les chiffres généralement communiqués sue les musulmans en France, qui comptent pour 5,6 % des habitants de métropole – soit un pourcentage "moins important que ne l'avancent bon nombre de chiffres fantaisistes". Ils représentent cependant 10 % des moins de 25 ans. À titre de comparaison, dans l’ensemble de la population, les trois quarts des plus de 75 ans se disent chrétiens, contre 30 % chez les moins de 30 ans. Dans les catégories conçues par l'Ifop, les "sécularisés", "totalement laïcs même lorsque la religion occupe une place importante dans leur vie", représentent 46 % des sondés, contre 25 % se revendiquant "avant tout comme musulmans", revendiquant "l'expression de leur foi dans l'espace public", mais rejetant le niqab et la polygamie, tout en respectant "la laïcité et les lois de la République".

Surreprésentés dans les milieux populaires ou éloignés de l'emploi, les musulmans interrogés – aux trois quarts de nationalité française – se hissent pourtant à des niveaux de qualification proches de la moyenne nationale. Les personnes ayant un statut professionnel précaire (stage, intérim, CDD…) sont plus susceptibles d’appartenir à un groupe qui a la religiosité la plus démonstrative. En revanche, ceux qui ont un CDI, les fonctionnaires et les chefs d’entreprise "se situent en dehors de ce groupe dans plus de 80 % des cas". En outre, une écrasante majorité des musulmans interrogés ne refusent pas la mixité, acceptant de se faire soigner par un médecin (92,5 %) ou de serrer la main d'une personne (88 %) du sexe opposé.

Hakim El Karoui propose également une réforme en profondeur des institutions de l’islam français. "L’islam de France doit devenir français", affirme le rapport, qi dénonce le fait le fait que la majorité des personnes qui le gèrent sont étroitement liées aux États d’origine. Pour lui, en effet, la solution passerait par une réorganisation de "l'islam français", et notamment de son financement, afin de le couper des influences étrangères et de mieux l'armer face aux dérives. Cela pourrait passer par un financement des mosquées par une redevance sur la consommation halal. Il préconise aussi l’élection d’un grand imam de France, qui devra entre autres être "de nationalité française, diplômé de théologie, imam d’une mosquée".

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