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L’investiture du président de la Catalogne « reportée »

L'ancien président, en fuite à Bruxelles, devait se présenter mardi pour son investiture à la présidence catalane – un évènement que le parlement régional a finalement préféré reporter, alors que la crise entre Madrid et la Catalogne fait encore rage.

La crise catalane entre dans une troisième phase. Le président du Parlement catalan, Roger Torrent, a décidé, mardi 30 janvier, de "repousser" – et non d’annuler – la session d’investiture du président de région, sans préciser de nouvelle date. Ce dernier a également accusé la Cour constitutionnelle espagnole de "violer les droits de millions de Catalans". Son élection est le fruit "d'une volonté majoritaire des élus de la chambre. Et comme cette majorité est maintenue, je ne proposerai aucun autre candidat", a-t-il ajouté.

La Cour constitutionnelle n’a en effet pas autorisé que le leader catalan Carles Puigdemont se fasse investir sans être physiquement présent en Espagne. "Les magistrats considèrent indispensable que Puigdemont soit présent en personne (…) et qu'il obtienne à cet effet l'autorisation préalable du juge en charge des poursuites pénales" a-t-elle estimé dans un jugement très controversé. Seul hic, il fait l’objet de poursuites judiciaires dans son pays pour avoir tenu un référendum d’autodétermination "illégal" dans sa région – et a préféré fuir en Belgique afin de ne pas être emprisonné.

Puigdemont, destitué par Madrid, est à ce stade le seul candidat à la direction de la région. "Ni la vice-présidente du gouvernement [espagnol] ni le tribunal constitutionnel ne décideront qui doit être le président" de Catalogne, a martelé Roger Torrent. Ce dernier avait également fait l’objet de mises en gardes du gouvernement espagnol, toujours aussi intraitable. Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy avait déclaré à son propos : "S'il ne respecte pas une résolution des tribunaux, le président du parlement pourrait sans aucun doute être tenu pour responsable".

La précédente présidente du parlement régional, Carme Forcadell, fait l'objet de poursuites pour être passée outre les décisions de la cour. Ce nouveau bras de fer judiciaire intervient trois mois après la déclaration d'indépendance unilatérale votée au parlement le 27 octobre 2017, point d'orgue d'une crise politique sans précédent en Espagne. Pour l’heure, Madrid semble grande gagnante du blocage, considérant que la Catalogne restera sous sa tutelle comme elle l’est depuis l’application de l’article 155 de la Constitution, et ce jusqu’à ce qu’un nouveau président soit investi.

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