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RENTRÉE POLITIQUE

Le vrai-faux retour de Nicolas Sarkozy agite la presse nationale

« Ceci n'est pas une rentrée politique », a annoncé d'emblée Nicolas Sarkozy, ce lundi 8 juillet lors d’un bureau politique organisé à l'UMP. « Le jour où je reviendrai, je vous préviendrai », a-t-il ajouté. Alors, retour politique ou pas? La presse de ce mardi matin s’interroge.

Revue de presse du mardi 9 juillet 2013

Nicolas Sarkozy délivrait lundi devant les principales personnalités et cadres de l'UMP un discours très politique, sur la compétitivité ou l'Europe, tout en se défendant d'effectuer sa "rentrée politique", quatre jours après l'invalidation de ses comptes de campagne 2012. Ce mardi 9 au matin, la presse décryptait ce vrai-faux retour…

Quotidiens nationaux plutôt discrets

Les quotidiens nationaux n’ont pas accordé une place trop importante à l’intervention de Nicolas Sarkozy. Si Le Figaro n’a laissé qu’une petite place sur sa Une à l’ancien président, d’autres quotidiens, comme Le Parisien, y ont vu un vrai retour en politique : "Bien qu'il s'en défende, l'ancien chef de l'Etat a fait son retour, mardi, devant les ténors du bureau politique extraordinaire de l'UMP", peut-on lire dans les colonnes du journal.

"Sarkozy à découvert" lance l’Humanité à la Une de son journal : "L'ancien président avait recyclé les mauvaises habitudes pour son compte, y ajoutant le vertige d'une toute-puissance. Les limitations des dépenses et les avertissements de la Commission nationale? Il n'en avait cure. Les turpitudes de Kadhafi ? Il les effaçait comme une ardoise payée rubis sur l'ongle. Les mécomptes de son ami Tapie et du Crédit lyonnais ? Dix donnés pour un soutien rendu ! Le spectacle sinistre des noces d'argent du CAC 40 et de la politique revient tous les jours. La droite y a le premier rôle, mais la distribution s'enrichit d'acteurs socialistes qu'égarent le culte du marché et ses Veaux d'or"

La PQR tournée vers le retour du "vrai patron"

La Provence a consacré une grande place au "vrai patron". "Le revoil" titre de son côté la Nouvelle république : "La scénarisation de cette journée, la dramatisation de cette réapparition, la masse enthousiaste de militants parfois trop empressés, tout paraît calculé et presque trop soigneusement fabriqué. Sarko ‘martyr et sauveur’ comme raillait la gauche hier avec une pointe d'aigreur ? On objectera que le show pesait onze millions d'euros à trouver sans délai et qu'aucun des leaders intermédiaires n'était en mesure d'engager cet élan", peut-on lire ce matin.

"Il est insubmersible, Sarkozy" écrit Le Midi Libre : "On le croyait touché par l'affaire Bettencourt, torpillé par le scandale Karachi, sabordé par le dossier Tapie, coulé après le rejet de ses comptes de campagne... et pourtant, le voilà de retour ! Mieux : il surnage ! D'une claque infligée par le Conseil constitutionnel, il en fait son tremplin, replonge avec jouissance, au grand dam du PS et du FN, et pour le plus grand malheur de son rival potentiel Fillon, dans l'arène politique"

Un retour positif pour certains…

"En rejetant ses comptes de campagne, le Conseil constitutionnel a redonné sa liberté de parole à l'éternel impatient. Une chance ou une irrésistible tentation ? Attention, ne pas céder trop vite, pas avant 2015 et les premiers contreforts de l'échéance présidentielle de 2017", écrit Philippe Marcacci dans L'Est Républicain.

"Une droite regroupée derrière lui, face à une gauche déçue par François Hollande et qui se divise en 2017, c'est pour lui la quasi-certitude de se retrouver au second tour de l'élection présidentielle avec Marine Le Pen et d'éliminer le candidat socialiste", estime de son côté Jean Levallois dans La Presse de la Manche.

… et contesté par d’autres

"Si les sondages font de Nicolas Sarkozy le candidat plébiscité des militants UMP, ils signalent aussi qu'une majorité de Français ne souhaitent pas son retour", souligne Michel Urvoy dans Ouest-France. "Ceux qui ont voté contre lui - plus que pour François Hollande - ne semblent pas tous prêts à se renier".

"Nicolas Sarkozy n'est plus seul sur la ligne de départ de la course à la candidature UMP pour 2017. Ses deux concurrents redoutables sont François Fillon et Alain Juppé. Ces deux-là, qui porteront un projet moins à droite que celui de l'ancien président, et qui ont, comme lui, la dimension qui sied à un homme d'État, seront difficiles à supplanter. Il y a plus de 30 ans, Giscard avait tenté un retour. Son échec devrait donner à réfléchir à Nicolas Sarkozy", estime pour finir Philippe Reinard dans L'Eclair des Pyrénées. 

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