Connexion

Tribune

Jean-Michel Arnaud

Jean-Michel Arnaud

Président du groupe Domaines Publics - Directeur des Publications de l'Abécédaire des Institutions

Docteur en gestion, titulaire d’un MBA de l’Université d’Ottawa et diplômé de l’ESLSCA, Jean-Michel débute sa carrière à la DREE dans l’expansion économique puis par la création d’entreprises d’import-export de biens industriels aux Etats-Unis. Il...

Voir la bio en entier »

Mes
catégories

Santé : Urgence pour les hôpitaux !

Noter
0

Les dépenses de santé en France ont représenté, en 2014, 12% de la richesse nationale. Comme les autres pays développés, on éprouve des difficultés à concilier diffusion de l’innovation, accès aux soins et maîtrise des coûts. En raison de sa place dans le système sanitaire français et de son poids dans les dépenses, l’hôpital concentre les attentions. Peut-on le réformer sans altérer la qualité des soins ?

Les dépenses de santé connaissent une hausse mécanique. Le vieillissement de la population, le progrès technique et le développement de maladies chroniques y concourent. L’hôpital voit, en particulier, sa facture exploser sous l’effet de la désertification médicale, de la réduction du temps de travail et de l’approche consumériste de certains patients. Alors qu’obtenir un rendez-vous chez un généraliste demande en moyenne 61 jours, les urgences assurent un service continu et offrent des examens complets. Résultat : en quinze ans, le nombre de passages annuels aux urgences est passé de 9 à 20 millions avec, à la clé, un surcoût proche de 500 millions d’euros. Pour inverser la tendance, le PLFSS 2017(1) demande au secteur hospitalier de trouver 1,5 milliard d’euros d’économies.

Comment aller plus loin ? Depuis 2012, le gouvernement a engagé des réformes pour faire évoluer les modes de financement de l’hôpital comme le développement de l’ambulatoire. C’est un changement qui nécessite d’améliorer l’articulation entre l’hôpital et la médecine de ville. Les réformes ont aussi prévu la mise en place des groupements hospitaliers de territoire pour améliorer la pertinence du recours aux soins. La réduction des actes redondants devrait constituer un gisement important d’économies. Citons également la limitation du champ d’application de la T2A(2) aux activités pour lesquelles elle est la mieux adaptée, une mesure préconisée par le rapport Véran.

In fine, il s’agit de recentrer l’hôpital sur ses missions prioritaires que sont la recherche, les actes lourds et la formation, au détriment de l’hébergement et des soins quotidiens. Cela n’interdit pas de rechercher des ressources complémentaires soit par l’accueil d’une clientèle aisée étrangère, soit par l’exportation des savoir-faire.

Symbole de l’excellence du système de soins français, l’hôpital en reflète les rigidités. À lui de devenir le symbole d’une France capable de se réformer, sans abandonner son idéal de qualité pour tous.

(1) PLFSS 2017 : projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2017

(2) T2A : tarification à l’activité

Noter
0