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Pékin monte le ton contre la Corée du Nord

La Chine a déclaré qu'elle appliquerait « à 100% » les nouvelles sanctions votées contre la Corée du Nord par le Conseil de sécurité de l'ONU en raison de la poursuite de son programme de missiles nucléaires.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU) a adopté unanimement des nouvelles sanctions contre la Corée du Nord ce samedi, privant le régime communiste de sources clés de revenus liées à ses exportations (nommément de charbon, de fer, de minerai de fer, de plomb, minerai de plomb et de fruits de mer). La résolution 2371, à l’initiative des Américains, va réduire d'un tiers ce revenu annuel du pays, estimé à 3 milliards de dollars. L’objectif de cette action est de punir le régime de Pyongyang après deux tirs d'essai de missiles balistiques intercontinentaux.

Ces nouvelles sanctions risquent fort d’aggraver la crise humanitaire dans le pays. Mais ça n’est pas la population qui est visée : la résolution appelle également à geler le nombre de travailleurs nord-coréens à l'étranger, limiter la création d'entreprises communes avec la Corée du Nord et les investissements dans les entreprises communes existantes. De plus, neuf individus proches du régime et quatre sociétés nord-coréennes ont été placés sous le coup d’une interdiction de voyager et ont vu geler leurs avoirs.

Il s’agit d’un "coup dans le ventre" pour le régime de Kim Jong-un, s’est félicitée l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley. D’une part pour l’impact non négligeable que ces sanctions auront sur l’économie du pays, qui montrait des signes de progrès, mais risque de redevenir moribonde. D’autre part parce que le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, Pékin étant le principal allié du régime de Kim Jong-un, a déclaré qu’elle appliquerait "100%, pleinement et strictement" ces nouvelles sanctions.

Une déconvenue qu’il faut relativiser : "Le dialogue et la négociation sont les seuls moyens appropriés pour régler le problème de la péninsule coréenne", a rappelé Pékin, en demandant la reprise des "pourparlers à six" (Chine, États-Unis, Russie, Japon, deux Corées). De fait, Pékin s’est toujours assuré que les sanctions ne risquent pas de conduire à l’implosion du régime allié. La Chine s’est par exemple opposée à l’embargo sur le pétrole qu’auraient souhaité les Etats-Unis.

Cette résolution est la huitième adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies contre la Corée du Nord depuis 2006.

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