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Pétrole : Moscou et Ryad veulent réduisent leur offre jusqu'en mars 2018

L'Arabie saoudite et la Russie prolongeront de neuf mois l’accord de réduction de la production pétrolière en vigueur depuis le début de l'année. Le but de cette opération : relancer à la hausse les cours d'un marché en crise.

L'annonce intervient peu avant la prochaine réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) : le ministre saoudien de l'Energie Khalid al-Faleh et son homologue russe Alexandre Novak se sont engagés à reconduire l'accord de réduction concertée de la production de prétrole des deux pays jusqu'en mars 2018. "Nous sommes arrivés à la conclusion que l’accord doit être prolongé. Nous n’atteindrons pas le niveau des stocks souhaité d’ici la fin du mois de juin", explique Khaled al-Faleh. Avec un baril qui se languit autour des 50 dollars, les économies petro-dépendantes sont exsangues.

L'Opep, la Russie (le premier producteur mondial) ainsi que d'autres pays producteurs s’étaient entendus en novembre dernier pour réduire leur production de brut de près de 1,8 million de barils par jour. L’objectif est de provoquer une remontée du prix du baril – en berne depuis plus de deux ans. Ils visent une stabilisation et à une prévisibilité du marché de l'or noir. Cependant, les observateurs soulignent que les membres de l'OPEP disposant de moins de liquidités pourraient faire preuve de moins en moins de discipline quand à cette ligne acétique qui le prive d’une large part de leur revenu public.

Si elle s’est accompagnée par un sursaut dans le cours de l’or noir après l’annonce (e près de 1,50 dollar), la mesure ne convaincu pas tout le monde. "Je pense que l'Opep et la Russie admettent que pour rallier le marché à leur cause, il leur faudra employer les grands moyens, allant bien au-delà d'une simple prolongation de l'accord", observe Virendra Chauhan, analyste d'Energy Aspects. "Le marché attendra aussi une réduction des exportations et pas seulement de la production ; c'est ce qu'il faut pour rééquilibrer le march" poursuit-il.

Une inconnue majeure demeure en effet : la politique suivie par les producteurs de schistes aux Etats-Unis. Ils sont susceptibles de contrecarrer les efforts visant à un rééquilibrage du marché. Ces derneirs n'ont pas signé l'accord de novembre et l'activité de forage aux États-Unis a atteint la semaine dernière un plus haut de deux ans. Dans le même temps, la production a bondi de plus de 10% depuis son creux de la mi-2016. Les producteurs américains bénéficient doublent des mesures de marché prises par l’Opep et la Russie (les hausses timides du prix du baril et plus de parts disponibles du fait des coupes de production).

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