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TRADING

Possible « délit d’initié 2.0 » sur l’or suite à la décision de la Fed

La réserve fédérale américaine (Fed) enquête actuellement sur un possible délit d’initié sur le marché de l’or. Des traders de Chicago auraient en effet eu l’information de la décision de la Fed de poursuivre son injection de liquidités dans l’économie, avant l’heure officielle de publication.

Ben Bernanke, le patron de la Fed - Photo : OversightandReform/Flickr/cc

L’opération aurait presque pu passer inaperçue. L’irrégularité se joue en effet à 7 millisecondes. Laps de temps infime mais qui permet tout de même de générer des profits monstrueux grâce au trading à haute fréquence.

Une décision très attendue

Mercredi 18 septembre, tous les yeux étaient rivés sur Washington et la décision de Fed. La banque centrale américaine a en effet annoncé mercredi dernier à 14h, surprenant au passage tous les analystes, qu’elle allait poursuivre son soutien massif à l’économie. Jugeant la reprise américaine encore trop fragile, elle a estimé que le programme d’injection de liquidités ne pouvait pour l’heure être réduit. Un changement possible de politique avait pourtant été évoqué quelques mois avant par le président de l’institution américaine, Ben Bernanke.

Chaque décision de la Fed a un impact direct et immédiat sur les marchés financiers qui scrutent donc tout changement, toute annonce, avec la plus grande attention.

Une réaction trop rapide

Les premiers soupçons sont venus de la société d’information financière Namex. L’entreprise a en effet constaté un pic d’activité suspect du côté de Chicago, sur le marché du Comex, sur des contrats portant sur l’or.

Il est important de signaler que désormais, grâce au trading à haute fréquence, il est possible de réagir presque instantanément à une décision. Seulement voilà : dans ce cas, la réaction a été trop rapide. Namex constate que malgré la proximité géographique entre Washington (siège de la Fed, où est publié le communiqué) et New York, un léger retard de New York par rapport à Chicago a été enregistré.

Entre 600 et 800 millions de dollars d’ordres allant dans le sens de la décision de la Fed ont été passés 5 à 7 millisecondes avant les transactions du même type à New York. Ces transactions ont été faites à Chicago seulement 1 millième de seconde après la divulgation officielle de l’information. Laps de temps que les spécialistes jugent insuffisant pour que l'information ait circulé normalement.

Les regards se tournent vers les médias et agences de presse

La procédure en place pour la révélation de ce genre d’information est la suivante. Dès 13h50, le communiqué est transmis à plusieurs journalistes "enfermés" dans une salle de presse close du Trésor. Ils sont coupés de l’extérieur et s’engagent à ne rien publier avant 14h.

La Fed se tourne donc vers les médias pour vérifier que les procédures ont bien été respectées. La CFTC, le régulateur américain des marchés dérivés, enquête également sur cette affaire.

Le procureur de l’Etat de New York, Eric Schneiderman, précise qu’il pourrait s’agir d’un "délit d’initié 2.0". Pour rappel, ce dernier avait déjà mis fin à une pratique de la société d’information Thomson Reuters. Cette dernière vendait deux secondes en avance à certains traders un accès  à un indice de confiance des consommateurs fourni par l’Université du Michigan.

Encore un fois, le trading à haute fréquence est au cœur du débat et risque de le rester tant qu’aucune mesure ne sera prise.

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