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DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DURABLE

Objectif 2014: quelles perspectives économiques pour le Qatar?

Dans sa « Vision 2030 », le Qatar exposait, dès 2008, le plan d’avenir pour le richissime petit État pétrolier. Ce document stratégique, lancé sous l’ère de l’ancien émir, est toujours d’actualité pour son successeur, le cheick Tamim, à la tête de l’émirat depuis maintenant six mois. Afin de penser à « l’après-pétrole », l’accent est mis sur le déploiement de nouvelles stratégies pour continuer le développement économique durable du pays. Une volonté réaffirmée mi-décembre par le Qatar, qui a publié ses perspectives économiques et ses objectifs de croissance pour 2014.

Doha, capitale du Qatar. Photo: Jimmy Baikovicius / flickr-cc

Dans un communiqué publié le 16 décembre, le ministère de la Planification du développement et des statistiques du Qatar a détaillé ses perspectives économiques pour 2014.

L’économie hors hydrocarbures au cœur de la croissance

La prévision de croissance du PIB, qui avait été révisée à la hausse en 2013, atteignant les 6 %, devrait rester stable en 2014, à 4,6%. Selon le ministère, la révision à la hausse des prévisions de croissance de 2013 reflète notamment l’expansion imprévue de la production de gaz. Néanmoins, les services restent le principal moteur de la croissance.

En 2014, la croissance continuera d’ailleurs à pivoter autour de l’expansion de l’économie hors hydrocarbures du Qatar. Une volonté affichée dans la "Vision nationale du Qatar 2030", un document stratégique fondateur d’une trentaine de pages publié en 2008 et qui expose les ambitions, attentes et objectifs du pays pour les vingt prochaines années.

Fondée sur les "valeurs islamiques et familiales fortes" du Qatar, qui lui serviront de "boussole morale et éthique", la Vision 2030 dresse les objectifs du pays, qui devra notamment "utiliser sagement ses ressources naturelles" et investir dans les infrastructures mondiales pour "créer une économie dynamique où le secteur privé joue un rôle de premier plan", peut-on lire dans le préambule rédigé par le cheikh Tamim, actuel émir du riche État du Golfe.

Un élan soutenu par les investissements et la croissance démographique

Le dynamisme des investissements – notamment dans les infrastructures et l’immobilier – les dépenses budgétaires importantes et la forte croissance de la population sont prêts à soutenir cet élan, souligne le ministère dans son communiqué. L’État devra cependant probablement s’attendre, en 2014, à des baisses, certes marginales, dans la production de pétrole, la production de gaz s’étant stabilisée.

Dr Saleh Al Nabit, ministre de la Planification du développement et des statistiques, a également déclaré qu’il faudra s’attendre à un développement important de l’économie globale, "l’heure où l’importance de l'économie non pétrolière et gazière continue à s'accentuer".

Le ministre a ensuite fait remarquer que l’augmentation de la population et des dépenses budgétaires au Qatar continueront de stimuler la croissance en 2014, et de nouvelles opportunités d’affaires ont également été ouvertes dans des domaines tels que les services financiers, les transports, les communications et le tourisme.

Le Qatar prévoit par ailleurs une inflation modérée de 3,5 % en 2014, soit un peu plus que les 3,2 % prévus en 2013. Des mesures visant à freiner les abus de pouvoir dans les marchés locaux sont aussi attendues pour aider à enrayer la hausse des prix.

Bonne santé financière

Selon le ministère, la situation financière du gouvernement restera solide, avec un excédent global prévu en 2014, comme en 2013. Toutefois, l’excédent est susceptible de diminuer en 2014, alors que les dépenses, notamment dans les infrastructures du pays, augmentent.

Le ministre a enfin fait observer que, "tandis que les perspectives sur les prix du pétrole sont au centre de nos prévisions, les risques de baisse semblent encore loin ; cela signifie que nous nous attendons à maintenir un espace budgétaire suffisant pour les années à venir".

La position extérieure du Qatar restera enfin en bonne santé. Un excédent de la balance courante représentant près de 23% du PIB est prévu pour 2014. Le Qatar reste par ailleurs très actif à l’international par le biais de son fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA).

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