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Quelle légitimité pour l’assemblée constituante Vénézuélienne ?

Les Vénézuéliens étaient appelés aux urnes dimanche afin d’élire l’Assemblée constituante voulue par Nicolas Maduro, en dépit du rejet de l'opposition et de la réprobation de la communauté internationale. Le scrutin a été marqué par une répression sanglante.

Les Vénézuéliens votaient dimanche pour l'élection d'une Assemblée constituante. Un scrutin qui n’est pas sans risque dans un pays que la crise politique semble inexorablement pousser vers la dictature : cette Assemblée sera chargée de rédiger une nouvelle Constitution, à l’appel du président Nicolas Maduro. Elle aura également le pouvoir de dissoudre toutes les autres institutions, dont le Parlement monocaméral où l'opposition est majoritaire, et de réécrire la loi fondamentale.

Seulement, pour ce vote, le Conseil électoral national a assoupli les possibilités de voter, permettant aux électeurs de se présenter dans n'importe quel bureau de leur commune. Ce système pourrait permettre à 62% des 19,8 millions d'électeurs de voter au moins deux fois – et garantir une majorité au gouvernement, très contesté. En outre, aucun des 6 120 candidats qui briguent les 545 sièges de l'Assemblée constituante n'appartient à l'opposition.

Nicolas Maduro a expliqué que la nouvelle Constitution, qui remplacera celle promulguée en 1999 par le défunt président Hugo Chavez, sera soumise à référendum. Une annonce qui ne convainc pas. Aussi, ce vote "illégitime" pour l’opposition, a provoqué un regain de violences, avec au moins 15 morts au cours du week-end. Un pas de plus après les manifestations anti-gouvernementales violemment réprimées depuis avril qui ont fait plus d'une centaine de morts ainsi que des milliers de blessés et d'arrestations.

La participation était donc l'enjeu unique de ce scrutin. Le gouvernement a tout fait pour mobiliser les électeurs et s'assurer de dépasser les 7,5 millions de votants que l'opposition a mobilisés le 16 juillet pour signer une pétition contre la Constituante. A en croire le Conseil national électoral (CNE), 8 millions de Vénézuéliens sont allés aux urnes pour 19,5 millions d’inscrits, soit 41,5 % de l’électorat.

Ces chiffres sont contestés par l’opposition. D’après le député social-démocrate Henry Ramos Allup, la participation a atteint 12 % du corps inscrit, soit à peine 2,4 millions de personnes. Les anti-chavistes soutiennent que Maduro veut à contourner le Parlement élu et à éviter l’élection présidentielle prévue à la fin de l’année 2018. Ni les élections de gouverneur des Etats, prévues en 2016, ni les municipales de 2017 n’ont eu lieu, car le gouvernement est désormais minoritaire dans l’électorat.

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