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Réfugiés : Bruxelles sanctionne la République Tchèque, la Hongrie et la Pologne

La Commission européenne veut ouvrir une « procédure légale » à l’encontre de la Pologne, de la Hongrie et de la République tchèque pour leur refus obstiné d'accueillir des demandeurs d'asile vivant dans des camps en Italie et en Grèce.

La Commission européenne a décidé mardi de lancer des procédures d'infraction contre la Hongrie, la Pologne et la République tchèque. En cause, leurs manquements persistants dans l'accueil des réfugiés. "Ces derniers mois, la Commission a appelé à de nombreuses reprises les Etats membres qui n'ont pas encore relocalisé une seule personne, ou qui ne se sont pas engagés à relocaliser des réfugiés, à s'exécuter", explique-t-elle. "Malheureusement, malgré ces appels répétés, la République tchèque, la Hongrie et la Pologne (…) n'ont toujours pas entrepris les actions nécessaires"

"Je n’avais pas le choix. Tous les pays doivent participer, c’est un engagement moral assorti d’une obligation juridique", a déclaré le commissaire aux affaires intérieures et à la migration, Dimitris Avramopoulos. A la mi-mai, il avait lancé un "ultime avertissement" aux récalcitrants. La décision de la Commission va se traduire par une saisine de la Cour de justice européenne et, en dernier ressort, à des sanctions financières. Certains États membres et pays associés ont pour leur part déjà rempli leurs objectifs (Allemagne, Estonie, Irlande, Pays-Bas, Finlande, Suède, Royaume-Uni, Islande, Liechtenstein, Suisse).

La Commission s'est concentrée sur les pays qui ont manifesté l'hostilité la plus forte : les deux premiers n'ont pas accueilli le moindre demandeur d'asile en presque deux ans, tandis que la République tchèque n’en a accueilli qu’une dizaine. Une annonce qualifiée de "chantage" par le premier hongrois ministre Viktor Orban. Le ministre de l’intérieur polonais, Mariusz Blaszczak, déclarait le même jour : "Nous croyons que la relocalisation attire davantage de migrants, et elle est inefficace" Les pays hostiles à l’accueil invoquent un risque sécuritaire, craignant que des terroristes s’immiscent parmi les réfugiés.

Bruxelles s'était donnée deux ans pour répartir depuis l’Italie et la Grèce 160 000 demandeurs d'asile vers d'autre pays, et accueillir 22 000 personnes possédant déjà le statut et se trouvant dans des pays comme la Turquie, la Jordanie, le Liban et ce en partie en fonction de quotas. Seules 21 000 personnes ont pour l’heure été relocalisées.

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