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Rupert Stadler, PDG d’Audi, incarcéré en Allemagne

La justice allemande a placé lundi en détention provisoire du directoire du constructeur Audi dans le cadre de l'enquête sur le scandale du dieselgate.

Ce lundi 18 juin, le parquet de Munich a exécuté un mandat d'arrêt contre le PDG d'Audi, filiale de Volkswagen. Il s’agit la première de la première incarcération pour "fraude" d'un haut responsable dans l'enquête tentaculaire sur le scandale des moteurs diesel truqués. Rupert Stadler a été placé en détention provisoire afin d’éviter le risque de "dissimulation de preuves", d’après le parquet. Audi a confirmé à l'AFP l'arrestation de son dirigeant rappelant la présomption d'innocence dont il bénéficie toujours.

Pour rappel, le scandale avait éclaté en septembre 2015, sur des révélations de l'agence américaine de l'environnement (EPA). L’agence fédérale de l'automobile KBA avait ordonné début juin le rappel de quelque 60 000 Audi A6 et A7 après avoir été exposée pour son recours à un "logiciel illicite" qui faussait les niveaux d'émissions de gaz polluants de ses véhicules. Depuis le lancement de l’affaire, les faits pointant vers la responsabilité de Stadler s’étaient accumulés, au point d’entraîner une perquisition dans son domicile, près d’Ingolstadt, le 11 juin dernier.

Rupert Stadler, qui dirigeait la marque depuis 2007, a été critiqué pour sa gestion du scandale – mais avait tout de même été reconduit pour cinq ans. "Face à l’inaction des patrons et à l’impuissance des politiques, c’est la justice qui est intervenue en dernier ressort pour mettre fin à une situation devenue intenable", souligne le quotidien Le Monde. Le sacandale avait en effet créé de fortes tensions entre la direction, les représentants syndicaux et les administrateurs.

"Contrairement à ce qu’on observe dans les autres pays, il semble que les procureurs allemands aient décidé d’intervenir très sévèrement. Ils veulent enfin voir un changement, alors que la fin du scandale n’est pas encore en vue", souligne l’expert automobile Ferdinand Dudenhoffer. "Les constructeurs se sont comportés de façon incroyablement inappropriée depuis le début de l’affaire. Ils continuent à refuser toute réparation invasive des véhicules alors que toute l’opinion publique le réclame depuis des mois" explique-t-il, avant de colcure : "Les conseils de surveillance vont être aujourd’hui forcés de réagir".

L'ancien PDG de VW, Martin Winterkorn, et son successeur Martin Müller, mais aussi l'actuel chef du conseil de surveillance du groupe, Hans Dieter Pötsch, et l'actuel président de VW Herbert Diess, sont visés par des investigations. En l’absence de M Stadler, le responsable des ventes d'Audi, Bram Schot, un Néerlandais, est pressenti pour être nommé président du directoire par intérim. L’incarcération e Stadler a également affecté le cours de l’action VW, qui a clôturé en baisse de 3,08% vers 12h30 GMT à la Bourse de Francfort.

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