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Succès mitigé pour le mini-sommet sur la crise des migrants à Bruxelles

Seize pays européens se sont retrouvés dans la capitale européenne ce weekend afin de discuter de potentielles solutions à la crise des migrants, dans le sillage du bras de fer autour du refus d’accueillir le navire, l’Aquarius.

 

Les dirigeants de seize pays membres de l'Union européenne se réunissaient, dimanche 24 juin à Bruxelles, lors d'un sommet informel, pour se pencher sur l question de l’accueil des migrants tentant de traverser la méditerranée. Des divisons sont apparues entres les participants, Paris, Berlin et Madrid souhaitant une solution européenne, alors que Rome – avec un demi-million d'irréguliers sur les bras – demande une aide la plus rapide possible, et accuse les autres états membres de l’UE de ne pas faire preuve de solidarité.

La "solution européenne" préconisée par Emmanuel Macron "se construira uniquement sur la coopération entre les Etats membres de l'UE, que ce soit une coopération à 28 ou entre plusieurs Etats qui décident d'avancer ensemble". Une position qu’a rapidement rejoint Angela Merkel. Le sommet à 28, prévu les 28-29 juin à Bruxelles, "n'apportera pas encore de solution globale au problème des migrations et c'est pourquoi il faut aussi des accords bilatéraux ou trilatéraux [avec les pays d’origine] dans l'intérêt mutuel", a-t-elle plaidé.

"Nous sommes tous d’accord pour réduire la migration irrégulière, pour protéger nos frontières", a déclaré Mme Merkel. Mais quand un consensus n’est pas possible, "nous voulons réunir ceux qui sont volontaires pour trouver un cadre commun d’action". En effet, le groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie) a refusé de participer à la rencontre. "Ils veulent réchauffer une ancienne proposition que nous avons déjà refusée", a expliqué le chef du gouvernement polonais Mateusz Morawiecki, interrogé sur son absence.

"La Hongrie n’a pris aucune mesure depuis le début du programme de relocalisation et la Pologne n’a procédé à aucune relocalisation ni offert aucune place depuis décembre 2015. La République tchèque n’a procédé à aucune relocalisation depuis août 2016 ni offert aucune nouvelle place depuis plus d’un an" dénonçait dernièrement le Commission européenne. Mais elles ne sont pas les seules mauvaises élèves. La France n'a par exemple accueilli que 21% de son objectif. Seuls Malte, la Lettonie, la Norvège et la Finlande ont rempli leurs quotas.

Le premier ministre italien Giuseppe Conte, qui avait songé à boycotter le mini-sommet, s’est finalement dit "vraiment satisfait" de cette réunion. "Nous ne pouvons pas tous les transporter en Italie et en Espagne. Il faut des centres de protection dans plus de pays européens pour sauvegarder les droits de ceux qui arrivent et éviter des problèmes d’ordre public et de surpopulation", a-t-il rappelé. Il demande aussi à "dépasser" le règlement de Dublin, qui la responsabilité des demandes d’asile au premier pays de l’Union dans lequel un migrant est entré.

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