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Syrie : une nouvelle attaque chimique

Les réactions internationales se sont multipliées après l'attaque chimique qui a fait au moins 80 morts depuis vendredi d’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme, à Douma, en Syrie.

La ville rebelle de Douma, en Syrie a été l’objet de bombardements à l’arme chimique ce samedi Les Casques Blancs et l’ONG médicale Syrian American Medical Society (SAMS) ont affirmé dans un communiqué conjoint que 48 personnes avaient péri dans cette attaque, présumée perpétrée par l'armée syrienne. Ces derniers font également état de "plus de 500 cas, la plupart des femmes et des enfants" de patients qui souffrent de "difficultés respiratoires" et dégagent "une odeur semblable à celle du chlore". De tels témoignages laissent à penser qu’il s’agit d’agents chimiques type chlore ou sarin.

Cette nouvelle attaque chimique a suscité l’indignation de la communauté internationale. Jean-Yves Le Drian, a exprimé son "extrême préoccupation". La France assumera "toutes ses responsabilités au titre de la lutte contre la prolifération chimique" Paris s’est en effet engagée à frapper le régime en cas de recours à des armes chimiques. De son côté, le président américain, Donald Trump, a promis que le président syrien Bachar al Assad paiera "le prix fort" pour ces "nombreux morts, y compris des femmes et des enfants, dans une attaque CHIMIQUE insensée".

Les deux pays se sont engagés à une riposte commune "forte". Ils ont par ailleurs demandé la tenue d'une réunion d'urgence aux Nations Unies ce lundi. Le Pape a déclaré que "rien ne pouvait justifier l'usage de tels instruments d'extermination contre des personnes et des populations sans défense". La Grande-Bretagne a appelé "une enquête urgente". "Le fait que des armes chimiques soient encore utilisées, en particulier contre des civils, est un motif de profonde inquiétude", déplore pour sa part l’UE, qui "condamne dans les termes les plus vifs le recours aux armes chimiques".

Certaines voix se sont levées pour défendre la Syrie. Moscou, allié du régime syrien, a "démenti fermement" toute implication syrienne dans cette attaque, mettant en garde Washington contre une "intervention militaire pour des prétextes fabriqués". L’Iran s’est rallié aux protestations, soutenant lui aussi qu’il s’agissait de fausses accusations. "Les allégations d'utilisation (d'armes) chimiques sont devenues une rengaine ennuyeuse et pas convaincante, si ce n'est pour quelques pays qui (...) soutiennent le terrorisme en Syrie" a pour sa part réagi le ministère syrien des Affaires étrangères.

Tôt dans la matinée de lundi, plusieurs missiles ont frappé l’aéroport un aéroport militaire syrien à Tayfur, dans ce que semble être des représailles contre cette attaque. Les Etats-Unis ont exclu être derrière ces frappes, assurant que son armée "ne mène pas de frappes aériennes en Syrie".

Au total, le régime de Bachar Al-Assad est accusé d’une dizaine d’attaques chimiques, notamment l'attaque de la Ghouta au gaz sarin le 21 août 2013, qui a fait entre 355 et 1 845 victimes.

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