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Un progressiste accède au pouvoir en Corée du Sud

Moon Jae-In le nouveau président de Corée du Sud a fait son entrée à la Maison Bleue. Dénucléarisation, baisse des tensions avec le nord, rapprochement avec le Chine, l’ancien avocat des droits de l’Homme fait souffler un vent de renouveau sur Séoul.

Le vainqueur de cette élection présidentielle coréenne du mardi 9 mai, organisée en urgence après la démission contrainte de l’ex-présidente Park Geun-hye, destituée et emprisonnée après des semaines de manifestations pacifiques dans tout le pays, a de quoi surprendre. Déjà, le candidat malheureux de 2012 l’emporte avec une large avance : plus de 41 % des voix, alors que le second, son rival Hong Joon-pyo, n’atteint que les 20 %. "Je serai le président de tous les Sud-Coréens", a-t-il déclaré après l’annonce des résultats. "Un président à portée du peuple".

Cet avocat vétéran de la lutte pour les droits de l’Homme sous les années de dictature a mené une campagne dominée par les thèmes du chômage et du ralentissement de la croissance. Il a cependant sans doute principalement bénéficié de son soutien dès les premières heures et sa présence renforcée lors des manifestations massives tenues à l’automne 2016 dans tout le pays. La veille, après l’annonce de sa large victoire, il avait d’ailleurs prononcé un discours à Gwanghwamun, haut-lieu de la protestation contre la corruption de l’en dirigeante et son entourage.

Issu du Parti démocrate, il est le premier dirigeant progressiste après une décennie de pouvoir aux mains des conservateurs. De fait, la crédibilité du parti de Park Geun-hye a été mise à mal par le "Choigate" - un scandale de corruption et d’abus de pouvoir à l’origine de sa destitution. Moon Jae-in va devoir réenchanter une société sud-coréenne aux abois et offrir un espoir à la jeunesse, qui n’a pas pu bénéficier du même progrès que leurs parents. Le défi est immense compte tenu du contexte local et régional.

C’est en effet avant tout une tâche diplomatique délicate qui l’attend, dans un contexte tendu par l’élection de Donald Trump et un regain sensible de tensions dans la péninsule. Le nouveau président représente toutefois une alternative politique historique : il préconise la réconciliation avec la Corée du Nord et s’oppose au déploiement du système antimissiles THAAD américain sur son territoire. Moon s'est aussi dit prêt à aller jusqu'à "Washington, Pékin et même Pyongyang si les conditions sont réunies" pour dénouer le dossier nucléaire nord-coréen.

Il s’est par ailleurs entretenu par téléphone avec le président chinois, Xi Jinping jeudi 11 mai afin de faie le point sur la situation. Les deux dirigeants ont "convenu du fait que la dénucléarisation de la péninsule coréenne est l’objectif commun des deux pays", d’après le porte-parole du nouveau président – un rapprochement significatif après un règne conservateur durant lequel tous les liens avec la sœur ennemie "communiste" ont été progressivement rompus.

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