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Une semaine décisive pour les négociations sur le Brexit

Theresa May a rendez-vous doit tenter de boucler la première phase des négociations du Brexit avec le président de la Commission européenne. La proposition britannique doit être entériné lors du Conseil européen du 15 décembre prochains.

Un accord semble à portée de main pour la première phase de négociations du Brexit. Le négociateur européen Michel Barnier et son homologue britannique David Davis ont annoncé avoir établi un préaccord dimanche 3 décembre. Ce rapport d'étape, officiellement présenté aujourd’hui au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, devra être validé par la Commission de Bruxelles lors de sa réunion en collège, mercredi 6 décembre, puis par le Conseil européen des chefs d'État et de gouvernement les 14 et 15 décembre.

Tout au long du week-end, les deux équipes ont mis les bouchées doubles, du fait des efforts britanniques pour retarder tout accord définitif (le Royaume Uni voulait pouvoir renégocier chaque point en vertu des décisions prises sur d’autres sujets). Si les deux parties annoncent être parvenus à des "progrès suffisants", il est trop tôt pour croire que la partie est gagnée. Pas sûr, en effet, que l’accord parvienne à convaincre les 27 chefs d’Etat et de gouvernement européens. En cas de feu vert, les discussions et sur la transition commerciale du Royaume-Uni après le Brexit, pourraient commencer dès début janvier.

Autre point délicat, si le gouvernement britannique semble prêt à accepter globalement les demandes initiales des Européens – après des réactions initiales très provocatrices du Ministre des affaires étrangères Boris Johnson – il n’est pas certain que ces concessions soient bienvenues au sein du parti conservateur. La question se pose aussi pour l’opinion publique outre-manche, de plus en plus excédée par le Brexit qui a pris une place considérable du débat politique depuis un an et demi. La dirigeante britannique a toutefois obtenu l’aval des députés conservateurs pour un chèque dépassant les 50 milliards d'euros comme le réclame Bruxelles.

Il existe cependant encore plusieurs points de blocage à l’instar des droits des3 millions de ressortissants européens en Grande-Bretagne. Les Européens suggèrent que seuls les ressortissants déjà présents au Royaume-Uni se trouveraient sous la juridiction de la Cour européenne de justice – ce que refusait jusqu’à maintenant Londres pour des raisons de souveraineté. La question de la frontière irlandaise reste elle aussi un point d’achoppement. Dublin, avec le soutien des 27, a demandé des engagements plus clairs de Londres pour éviter le retour d'une frontière physique avec la province britannique d'Irlande du Nord.

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