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Victoire controversée du régime lors des législatives au Cambodge

Au pouvoir depuis 33 ans, Le premier ministre cambodgien Hun Sen a remporté une nouvelle victoire aux législatives cambodgiennes. Si sa victoire est sans appel, le scrutin lui-même est considéré comme entaché d’irrégularités et par la répression sans pitié de l’opposition.

Parti du peuple cambodgien (PPC) du Premier ministre Hun Sen "a remporté tous les sièges à travers le pays" lors des législatives de ce dimanche. Avec un taux de participation de 82% selon la Commission électorale cambodgienne la participation rapportée a été supérieure que celle des dernières législatives de 2013 (69 %) et "le soutien écrasant du peuple cambodgien a donné à Hun Sen une nouvelle chance de poursuivre sa mission historique" d’après son porte-parole, Sok Eysan. 80.000 policiers ont été mobilisés afin d’"empêcher tout acte de terrorisme et de chaos".

"Malheureusement, cette élection cambodgienne ne sera pas vraiment honnête, elle ne sera ni libre, ni juste. Le problème c'est que le parti d'opposition CNRP, qui avait obtenu 44% aux élections locales en 2017 a été dissous. Il s'agit d'une élection sans opposition", déplore l’ONG de défense des droits de l’homme Humans Right Watch. En 2013, le principal mouvement d’opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), avait en effet pris le régime de court avec cette poussée électorale inattendue. Il a été exclu de ce scrutin, verrouillé par le régime.

Hun Sen avait qualifié cette exclusion de "mesures légales pour éliminer les traîtres". En outre, la campagne a été marquée par de nombreuses atteintes aux libertés d’expression – si bien qu’une opposition, majoritairement en exil, appelait ainsi à un boycott du scrutin. "De très nombreux observateurs ont constaté que la campagne électorale a été assombrie par l’intimidation des électeurs et la manipulation des urnes", a déploré lundi le ministère des Affaires étrangères canadien. En outre, ce dernier a placé ses trois fils à des postes-clés au sein de l’armée.

La question est maintenant "de savoir ce que la communauté internationale va faire", d’après Phil Robertson, directeur adjoint de Human Rights Watch pour l’Asie. "Pour la première fois depuis les élections organisées par l’ONU en 1993, le Cambodge n’a plus de gouvernement légitime reconnu comme tel par la communauté internationale" a réagi Sam Rainsy, fondateur du CNRP. Bruxelles et Washington ont en effet refusé de contribuer au financement de ce vote controversé. "A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire", a-t-il ajouté, non sans amertume, depuis son exil français.

 

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